‹ Sainte Catherine de SienneChapitre 117 sur 282 · Epiftt. Dom. SteDb · texte numérisé non relu

Epiftt. Dom. SteDb

homme. Ces paroles firent éclater Tolomei en menaces. Il tuerait toutes les sœurs, tous les prêtres, tous les religieux, plutôt que de se confesser. Mais Catherine veillait sur lui. Il n'eut pas même besoin de la voir pour changer d'intentions. Tandis que, ravie en extase, la Sainte apercevait clairement dans Tdme de Tolomei Faction de la grâce, et annonçait cette conversion, il s'accusait au P. Barthélémy de tous ses crimes ^

En 1376, Taction de Catherine sur les Tolomei portait ses fruits selon la nature et la vocation de chacun. Heureuse de recevoir Thabit de Saint- Dominique , Geneviève était morte peu. après avec cette joie qui semble un privilège de la jeunesse ardente et convertie. Jacques, marié, père de famille, ne manquait point des vertus de son état '.Françoise se sanctifiait] parmi les Sœurs de la Pénitence et Mathieu' venait d'entrer dans l'Ordre des Prêcheurs qui pleurait alors un Tolomei, le P. Jean-Baptiste mort en grand renom de sainteté. Jacques, Françoise et Mathieu se firent auprès de leur père et de leurs frères les avocats d'Etienne Maconi ; leur mère les seconda si bien que même le farouche Rinaldini consentit à un accord et on

1. Mur., XV, 237.— B. Rayiii.11,7. — Lettare 81, 94. En 1601, le joar de la fête de Catherine, les Siennois jonèrent un drame qui avait pour sujet la conversion miracnleiise de Jacques Tolomei

2. Il moaratsons Phabît de saint Dominique, ainsi qn'nn antre de ses frères marié comme lni«

3. Tons Técnrent si saintement qu'après leur mort on les nom* mait les bienheureux Tolomeié

convînt de se trouver devant la poterne, du palais Tolomei ; à la dernière minute^ le ressentiment remporta chez ces fiers seigneurs sur la fidélité à leur parole. Par deux fois les Maconi vinrent seuls au rendez-vous ! « Ils ne m'écoutent pas, s'écria Catherine révoltée : eh bien ! qu'ils le veuillent ou non, ils écouteront Dieu. » Elle obtint qu'une fois encore les Maconi parussent sur la place Tolomei et dans l'église Saint- Christophe, située vis-à-vis du palais, et elle en appela à Dieu de la haine des hommes. Soudain, mus par une force invisible, les Tolomei sortent de leur demèureetRinaldiniles accompagne. Catherine parait sous le porche de l'église Saint-Christophe. Immobiles, menaçants, les Tolomei sont adossés à leur porte. Partout brillent les lunes d'argent de leurs étendards d'azur, et Rinaldini excite le héraut d'armes à jeter aux Maconi le défi prélude du combat. . Ceux-ci s'animent sous l'outrage, mais à la vue de Catherine ils inclinent leurs bannières, le vieux Conrad Maconi courbe sa tête blanche, Etienne tombe à genoux ; malgré eux les Tolomei s'écrient : la paix, la paix * !

C'est ainsi qu'Etienne et Catherine se connurent ; il devint l'un de ses secrétaires, Tinstrument de ses œuvres, et elle le fit entrer dans la Conipagnie de la Vierge Marie^ association laïque qui, par elle, réunissait les divers partis politiques de Sienne ',

1. Epist. D. Steph. Maconi. Uofferta votiva del cêro de rannée 1867 représente celte scène [Biblioobaphib, I^ XIII].

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