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•276 SAIXTE CATHERiNE DE SIENNE
et OÙ elle maintenait le respect pour le Souverain Pontife*.
Cette confrérie fort ancienne comptait sur ses registres nombre de saints déjà canonisés par rÉglise. Jacopone de Todi et d'autres mystiques lui avaient Jégué leurs écrits, sûrs de trouver des imitateurs dans les confrères qui leur succéderaient sous les voûtes de Santa Maria délia Scala. Dans ce lieu sanctifié par les prières des premiers chrétiens siennois, on se réunissait souvent afin de pratiquer d'austères et sanglantes mortifications; mais les soucis de la terre ne s'arrêtaient point, au seuil de la chapelle. Troublé par les craintes que lui inspirait le mauvais gouvernement des Réformateurs, Etienne eut le tort de s'en ouvrir à certains de ses compagnons ; de telles confidences, dans un lieu propice au mystère, aboutirent à une conspiration dont le jeune seigneur devint Tâme. « Ah ! mon cher fils ! quel dessein formes-tu ? s'écria Catherine, qui ne laissait jamais distraire sa pensée de ses disciples ; tu fais de la maison du Seigneur un conventicule de conjurés! » Alexia et Françoise ne comprirent rien à ces paroles que la Sainte proférait loin de la chapelle de la confrérie, dont les femmes étaient sévèrement exclues. Elles en eurent l'explication la première fois que Maconi vint à Fontebranda. « Tu as commis une faute grave, dit la Sainte à son disciple ; pour l'expier
1. L'anedes plus éloquentes lettres de Catherine sur la charité (I^ett. 321] est adressée aux Frères de la Compagnie de la Vierge ; on en trouvera des extraits ch. xviii.
tu répandras sous les coups de ta discipline autant de gouttes de sang que tu as dit de mots dans cett econjuration. » Tournant alors ses regards vers Tavenir, elle prophétisa que l'oratoire de la confrérie serait plus tard fermé aux fidèles par un pouvoir jaloux *. Etienne Maconi joignit désormais Thumilité à la ferveur. Il voyait son modèle en Catherine, et quand il comparait sa vie à celle de cette femme, née la même année que lui dans la même patrie, quand il mesurait la carrière qu'elle avait fournie en moins de trente années, il n'osait plus jeter un seul regard sur son propre passée Agissant près d'elle et pour elle, sans trêve il la secondait dans sa mission présente, celle d'exhorter à l'obéissance envers le Saint-Siège. « Sais-tu, mon bienaimé fils, lui dit un jour Catherine, que ton plus grand désir va s'accomplir ? » Jadis l'impétuosité des désirs d'Etienne l'emportait vers mille objets divers ; maintenant il croyait avoir renoncé aux biens du présent, à Tespérance même de ces biens plus douce peut-être que leur possession, et toutes les offres de la vie lui semblaient impuissantes à le tenter. « Quel est mon plus grand désir ? » dit-il avec hésitation. Catherine sourit. La lumière se fit aussitôt dans le cœur d'Etienne, c 0 ma mère ! mon plus grand désir, c'est d'être auprès de vous. — Il sera satisfait, » répondit la Sainte, qui voyait l'avenir dans le temps et dans l'Eternité '.
1. Frigetio. Vita di S. Caterina, II, i, ii.— [Bibliographie, D. IV.]