‹ Sainte Catherine de SienneChapitre 131 sur 282 · LA COUR D^ AVIGNON · texte numérisé non relu

LA COUR D^ AVIGNON

Al Mcro concislor più d*una toIU llosiro la frin preatansia aeirorare.

J. CAVAUBM Dl JIONTBPULCUHO, IM LAUDB DI S. CATERIKA.

Ârrirée de Catherine & Avignon. — Ses rapports avec les DominicaineB et avec les Frères Prêchenrts. — Elle paraît devant le Consistoire. — Malveillance des cardinaux. ^ Le pape lui donne ses pleins pouvoirs pour traiter avec FIorew», — Efforts de la Sainte. — Ses déceptions. — Elle prêche la croisade. — Ses conseils au duc d*Anjou et au roi de France. — Son désir de quitter la cour pontificale.

Le 18 juin 1376, à Theure où, selon les Provençaux, « le bonjour de Dieu s'évapore », Catherine, remontant le cours du Rhône, aborda près d'Avignon. Parfumée, et féconde, la plaine couverte de vignes, de moissons, d'oliviers en fleur, semblait renaître après les brûlantes chaleurs de la journée ; les derniers rayons du soleil, qui glissaient sur le rocher d'où la ville se mire dans les eaux du Rhône, doraient de leur lumière les murailles crénelées des remparts et les tours massives du palais des papes.

Une foule curieuse se porta à la rencontre de l'ambassadrice. Raymond de Capoue, Jean Tantucci, Néri dei Pagliaresi, attendaient leur compatriote ;

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ils lui remirent et lui traduisirent une courte lettre du Souverain Pontife avant de la conduire à la somptueuse demeure qu'on lui avait préparée.

Les habitations que la ville offrait aux cardinaux se nommaient Livrées ; ce fut dans celle de' Gaillard delà Motte, restée sans emploi depuis samort, qu'on installa les Tertiaires siennoises. La chapelle était fort belle, Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même y attendait sa servante et près de lui elle goûta le repos que la terre ne peut donner. Le lendemain matin, elle était encore aux pieds du divin Maître, quand Grégoire XI envoya un des dignitaires de la cour pontificale, Thomas Petra, demander des prières *.

Que de fois Catherine n'avait-elle pas prié à l'intention du pontife ! Elle redoubla de ferveur et s^offrit en holocauste avec une générosité sans limites. « Voici ma chair, qu'elle soit détruite, s'écriait-elle ravie en extase ; voici mon sang, qu'il soit répandu, que mes ossements eux-mêmes soient dispersés... ô mon Dieu..., afin que votre Vicaire, Époux unique de votre Épouse, considère votre volonté, l'aime et l'accomplisse... créez en lui- un cœur nouveau ! Que le pape soit assez fort pour lever l'étendard de la sainte Croix et faire participer les infidèles aux fruits de la Passion ! Peccavi, Domine, miserere mei^ répétait-elle, commentant ces paroles qui restaient sa prière favorite. Messire Petra écoutait avec stupéfaction l'ignorante fille du peuple ; elle énumerait les bienfaits de Dieu : la création

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