Lottara
2. Nul n'ignore que Jean II sortit de captivité après la paix de Brétigny, laissant des otages pour répondre de sa rançon. Le duo d'Anjou s'évada au mépris de son serment envers ÎBdouard III, et son père retourna se constituer prisonnier des Anglais.- Il venait alors de recevoir la croix des mains d'Urbain y, et accompagné de plusieurs rois il comptait mener les grandes Compagnies en Palestine. Captif, il exhorta les Anglais à la guerre sainte, dont nul ne lui disputait le commandement.
qu'elle vît le roi Charles V *, qu'elle le réconciliât avec Edouard III d'Angleterre, car leur inimitié était le plus grand obstacle à la croisade.
Louis d'Anjou voulait-il éloigner d'Avignon l'avocate du retour à Rome, comme elle prétendait l'en éloigner lui-même ? Qui le dira ? Catherine refusa de quitter le pape, puis, pressée par le duc d'Anjou, elle écrivit une longue lettre à Charles V.
La Sainte n'était point instruite du détail des terribles luttes entreprises et poursuivies avant sa naissance, quand Textinction de la race, maudite en Philippe le Bel par Boniface VIII, permit à Edouard d'Angleterre d'élever d'injustes prétentions au trône de France, mais son apostolat la mêlait assez aux hommes pour qu'elle n'ignorât pas les victoires de ce roi politique et guerrier sur Philippe et Jean de Valois, princes inhabiles au gouvernement comme à la guerre, dont la téméraire bravoure ne mérite point le nom de vertu. Alphonse de Vadaterra avait fait connaître à la Sainte siennoise l'intervention de la bienheureuse Brigitte en 1346 et lors du traité de Brétigny (1360). Maintenant, jetée au milieu des Français, Catherine entendait dire que leur patrie l'emportait sur l'Angleterre, et c'était vérité.
Un roi dont les défauts semblaient, à l'égal des qualités, procurer le bien du royaume gouvernait la France. Impropre par faiblesse corporelle aux exercices guerriers, il avait donné à ses armées un incomparable capitaine, dont il ne se montrait pas