‹ Sainte Catherine de SienneChapitre 140 sur 282 · Lett · texte numérisé non relu

Lett

SON SÉJTOITR A LÀ COFR PONTIFICALE 329

confiés, le prince français et la Tertiaire italienne éprouvaient l'un pour l'autre un certain attrait ; le duc d'Anjou entra même en correspondance avec Catherine, et il la mena passer quelques jours sur les terres françaises au château de Villeneuve, près de sa femme Marie de Bretagne. L'écroulement d'un mur venait de joncher de cadavres la salle où le prince avait réuni ses amis pour une fête, son imagination était frappée ; il crut devoir la vie aux prières de Catherine, si bien qu'elle en profita pour lui présenter comme un frein la pensée de la mort et lui parler des grandeurs réservées aux seuls serviteurs de Dieu, l'invitant à choisir un théâtre d'action plus vaste que les royaumes de ce monde, l'exhortant à la croisade, dans des termes qui ne dépassaient ni cette intelligence troublée, ni ce cœur abaissé par l'avidité des honneurs et des biens terrestres *. Le Sire des fleurs de lys se souvint qu'en 1362 son évasion coupable de Londres ' avait peut-être entravé la guerre sainte, et il répondit qu'il partirait pour la Palestine avec une armée équipée à ses frais ; mais il conjura la Bienheureuse de le suivre à Paris. Il fallait

Page 1