JEUNESSE DE CATHERINE
Nata nel bel paesedi Toacana, Nella nobn cilU eh* a TArbia a piedi.
CANZ. A s. CATBftIIfA DI M. CIKUZZI.
Sienne. — La famille Benîncasa. — Naissance de Catherine. ^ Peste de 1348. — Première Tision de Catherine. — Elle cherche un désert pour vivre dans la solitade, reçoit de Dieu des grâces extraordinaires et se lie par an vœn. ^ Sa dévotion envers saint Dominique. — Ses austérités. — Les Benincasa pendaot la révolution de 1355. — On songe à marier Catherine. — Influence de sa sœur Bonaventure. — Repentir de Catherine. — Son premier confesseur le P. Thomas délia Fonte. — Les mauvais traitements qu'elle endure. — Elle déclare sa résolution d*étre toute à Dieu. — Son séjour aux bains de Yignone. — Sa maladie.
Entre la mer et les Apennins, presque au centre de la Toscane, s'étendent les vallées fertiles oii l'Arbie et ses affluents promènent leurs cours capricieux. De toutes parts les cyprès dessinent leur noir
BAISTB CATHKRIMB« 1
profil sur le ciel et font paraître plus lointaines encore les montagnes couvertes de chênes verts, de châtaigniers et d'oliviers, qui se succèdent et semblent se perdre dans la lumière voilée de Thorizon. C'est environnée de ce paysage, fièrement campée sur trois collines, que se dresse la vieille cité de Sienne. De sa masse harmonieuse de briques dorées par le soleil, au-dessus d'une forôt de tours, s'élance la cathédrale. A l'ombre de l'antique édifice sonl groupées les demeures des nobles ; solides, crénelées, souvent réunies par un arceau de pierre sous lequel se précipitent des rues aux pentes abruptes, elles portent la trace de plus d'un combat. Près des antiques remparts et des portes fortifiées qui défendent la ville, dans les quartiers populaires, les maisons sont espacées, égayées par de riants jardins ; c'est là qu'il faut chercher le mouvement, car le commerce est prospère, surtout celui de la laine, auquel s'emploie une corporation active et puissante, héritière du secret des Milanais, qui ont enrichi Sienne de cette industrie. Les demeures des artisans sont situées sur le versant du coteau occidental, autour des eaux limpides de Fontebranda, connues dans l'Italie entière depuis que Dante les a célébrées. Un portail élevé dont les créneaux soutiennent des fleurs et de luxuriants feuillages, abrite sous ses ogives la claire fontaine ; dans le long bassin qu'elle alimente les ouvriers lavent et foulent les toisons ; dans les ateliers voisins ils préparent des couleurs et ils teignent la lairïe.
Au milieu du xiv* siècle, un des plus renommés parmi ces ateliers appartenait à Jacques Benincasa,
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SA JEUI9E8SE 3
bomme probe, intelligent, et très estimé dans la classe moyenne du peuple, dont il faisait partie ^ La fortune de cet artisan était Tœuvre de ses mains. Orphelin dès Tenfance, il échappait aux tristesses de l'isolement par le travail, puis, très jeune encore,
1 . Noas n*6DtreTon8 pas dans de grands détails snr la généalogie des Benincasa ; nal n'y songea avant la canonisation de la fille da teinturier. [Bibliographis I, xxni.] Très nombreux en Toscane, sans être alliés entre eni, les Benincasa restèrent obscuTs, et rien ne nons proave la communauté d'origine de Catherine avec les Borghese, non plus qne sa descendance du Français Tiezzo on Teuzzo qu'on vent leur donner pour souche. Le livre de Bicchema de 1233, perdu aujourd'hui, mentionnait, assnre-t-on, un Benincasa, fils de Tiezzo et frère de Bencivenne, auteur des Borghese. Gomme les Borghese, déclare Gigli, les Benincasa portaient un dragon dans leurs armes, et à l'appui de cette assertion on nous montre une figure informe sur le tombeau du père de la Sainte ; la présence du dragon dans les armes des Benincasa peut provenir de la Contorteria qui se pratiquait au moyen Âge en Italie ; les Borghese obtinrent du pape Urbain VIII que les leçons de l'Office de Catherine, qui admettaient la parenté, ne seraient point insérées dans le Bréviaire romain, et la Congrégation des Rites n'aurait pas rendu sans raison un pareil arrêt. Mais lorsqu'on 1869 M. Latazzi, archiviste de la famille Borghese de Rome, réédita la Vie de sainte Catherine par Nicolas Borghese [bibliooràphu, C. zzvii], il dit dans Tépître dédicatoîre adressée à la princesse Hélène : Credo non v^abbia coêa délia quale pona prendere maggiore intéressé quanto la vita d^una santa parmle. De nos jours, le comte Borghesi de Sienne ne croit ni descemdre de Tiezzo, ni être le parent de sainte Catherine. Il nous semble que cette question n'a pas d'importance. Si nons la traitions, nous n'oublierions pas que le poète Ugolin Verini fait descendre les Benincasa de Romulus en personne.
Sans nons arrêter k relever les erreurs des auteurs modernes, qui citent des livres de Balia auziiie siècle, tandis que la Balia ne devint une magistrature régulière que beaucoup plus tard, noas renvoyons anx sources où nons avons nous-même puisé :
il épousait Lapa^ Piacenti, fille d un poète siennoj^ de quelque renom. Loin d'afiFaiblir son bonheur, les années y ajoutaient la force de la confiance, et vingt-deux enfants étaient nés de cette union sans que Jacques et Lapa, qui avaient Tâme dégagée des intérêts terrestres, se fussent lassés de remercier Dieu d'une bénédiction si abondante. Ils furent donc traités selon la mesure des bontés divines.
Le 25 mars 1347, alors que Sienne fêtait le premier jour de Tannée ' et que la chrétienté réunie
Bibliothèqae communale de Sienne : Ood. D. VII, 12, f. 12-104. — T. I, 8, f . 1. — -B. VII, 12, f. 253, 259. — C. V, 3, f. 12- 124. — 0. IV, 27, f. 21-26. — C. IV, 16, f. 94. — T. III, 7, f. 243-247. — E. IX, 4, f. 206. — T. III, 6, f. 306. Echard, ir, 823. Diario stnes» de Gigli, Luçca, 1723, I, 162; II, 112.
Le Libro délia Corona, C. 43, T. ArehMo deUs Rifarme di Simaf dit clairement qae Jaoqdes Benincasa était da popolo panfo. Cette classe intermédiaire nommée popolo minore tenait le milieu entre le popolo maggiore et le popolo minuio on 5afso, adonné aux arts vils, qui gouverna l'Etat en 1368.
Le grand-pére matertiel de Catherine, Puccio di Piacente ou Piagente, est fort connu en Italie [Urgogieri Pompe tanasi, I, tit. 18]. Crescimboni, dans son Isioria délia Volgtr PoasîA (26-27; et dans ses Gomontarj (60), parle beaucoup de ce poète et cite de lui quelques vers gracieux.