Diminutif de Jacqueline
2. A Sienne, Pise, etc.. Tannée commençait le jour de TÂn* nonciatîon, selon l'usage établi par Denys le Petit. Ce calcul nommé calcul pisan précédait de neuf mois et sept jours notre année julienne. A Florence, Tannée commençait également le 25 mars, mais c'était 12 mois plus tard qu'à Pise. Rome et Milan commençaient Tannée à Noël ; Venise le l*' janvier pour Tannée ordinaire ; Tannée légale s'ouvrait le l*' mars. On conçoit les difficultés que ces différents styles apportent dans notre chronologie, d'autant plus qu'aucun pays ne suit exactement la
au pied des autels célébrait l'entrée triomphante de Jé^us-Ghrist à Jérusalem, Lapa donna le jour à une enfant destinée à être la gloire de sa patrie et rhonneur deTEglise. On Tappela Catherine * en souvenir delà martyre d'Alexandrie, très vénérée dans toute la Toscane. A peine fut-elle purifiée par les eaux du baptême, qu'elle eut une mission céleste à remplir, celle de consoler ses parents de la mort d une sœur jumelle retournée aussitôt à Dieu. Les Renincasa avaient pleuré la perte de plusieurs nouveau-nés ; ils se serrèrent autour du berceau qui leur cachait des tombes et rivalisèrent de tendresse pour le petit être, qui rien qu'en se laissant aimer donnait déjà tant de bonheur. Jacques redoubla de travail, afin d'accroître son bien avec ses charges. Lapa prodigua ses soins à sa fille, le premier enfant que sa santé lui permit d'allaiter. Quant aux frères etaux sœurs de Catherine, ils la regardaient comme la joie de la maison. C'étaient: Benincasa, Taînéde la famille, établi depuis peu avec deux associés dans Tatelier paternel* ; Barthélémy, resté avec ses
T^le qui lai est propre. Il est facile, en relevant rindiction, de proQTer qne les Chroniques Siennoises publiées par Muratori, ou même les Actes publics de Sienne, suivent parfois le calcul floreutio. Nous nous sommes efforcés de fixer avec toute la précision possible les dates même les moins importantes ; mais Muratori lui-même reconnaît que nul ne peut éviter de lourdes erreurs.
1. Lee philologues renoncent maintenant à faire dériver ce nom d'une racine hébraïque, syriaque ou grecque ; Torigine en est inconnue.
2. L'acte de location de cet atelier, passé entre Pierre fils d'André, Benincasa fils de Jacques, Jean fils de Martin et le syndic de l'Université de la laine, le. 17 octobre 1346, est con-
parents auxquels il avait donné une belle-fille dévouée en épousant Lisa, de la noble -et riche fannille des Colombinî ; Nicole, mariée à Palmiero délia Fonte ; Magdeleine, à Barthélémy Vannîni ; Bonaventure, fiancée à Nicolas Tegliacci ; enfin Etienne, qui n'était heureux qu^auprès de sa scBur.
Ciathcrine ne marchait point encore, quand de cruels malheurs frappèrent sa patrie. Une horrible peste apportée d'outre-mer par des galères génoises sembla n'avoir épargné Sienne pendant Thiver que pour s'abattre sur elle avec plus de violence au printemps de 1348: « Les hommes et les femmes mouraient presque subitement; l'aine et le petit doigt enflaient et, parlant encore, on expirait. C'était à peine si le père restait à regarder son enfant. Le frère fuyait son frère, la femme son mari... Il mourut tant de monde dans les mois de mai, de juin, de juillet et d'août, qu'on ne trouvait plus personne qui consentît à enterrer. Ni parents, ni amis, ni prêtres, ni moines, n'accompagnaient les morts pour lesquels on ne disait point d'office... Moi-même, écrit un contemporain, Agnolo di Tura, j'enterrai mes cinq enfants de mes propres mains dans une s^le fosse. » '
Chacun supporta cette épreuve selon la nature de ses sentiments. Ceux qui espéraient se préserver du fléau fuyaient la ville, ou s'enfermaient dans leurs
serve aux archives de Sienne. Il a été publié plusieurs fois [Bibliographie I, xv]. M. l'abbé Toti : La Gast di S. Cttarina, 12, 13 [Bibliographie I, xxiv], indique que Jacques faisait cet arrangement parce qu'il était plutôt pauvre^ opinion contredite par nombre de documenta^
maisons afin d'échapper au mauvais air et aux douloureux spectacles ; d'autres, croyant à la fin du monde, voulaient achever leur vie dans Tivresse de toutes les voluptés et s'abandonnaient à de honteux excès; d'autres enfin, soumis à la volonté de Dieu, aidaient les Ordres religieux à secourir les malades. De ce nombre furent les Benincasa. Pourtant, lorsqu'au mois d octobre le fléau s'arrêta après avoir moissonné les quatre cinquièmes de la population, la famille put se réunir tout entière autour de son chef, célébrer le mariage de Bonaventure; et s'associera ceux qui faisaient bâtir en ex voto, sur la grande place de Sienne, la chapelle del Campo*.
La peste avait emporté les deux associés de Benincasa, et malgré la grande aisance de son père, Je jeune artisan se vit dans de sérieuses difficultés. On lui réclamait, à tort, plus de quarante florins d'or ; un jugement des Consuls de la marchandise ini rendu contre lui*: c'était la ruine. Tous dans la maison s'élevaient contre les juges, quand Jacques imposa silence à sa femme, dont la voix dominait les autres : « Tais-toi, ma chère, dit-il ; tais-toi, Dieu te bénira, il révélera la fraude, et prendra notre défense. » Peu après, en effet, la vérité fut découverte comme par miracle, et les Benincasa jouirent en paix du fruit de leurs labeurs.
1. Muratori, XV, 123-124. — Storia di Siona di Mala- TOlti. Venetiis, 1699, VI, 108. — Boccacio, lotrodnz. del Decamerono.
2» Orig. ftQx Archives de Sietibe» fasc» XII, n« 113.
Catherine était trop jeune pour que sa gaieté fût assombrie par ces épreuves, etles voisins disputaient à ses parents le bonheur de la posséder. Ses premières paroles furent pour Dieu et la Vierge : Je vous salue, Marie, disait-elle en répétant les mots prononcés par sa mère, et miracle inouï, la prière de l'enfant attirait les anges qui entourent leur Reine. Visibles aux regards de Catherine, ils s'approchaient' ; si elle récitait la Salutation angélique en gravissant les marches de Tescalier, ils la prenaient sur leurs ailes*. Lapa ne voyait qu'une course folle : elle accourait ; mais (iatherine ne tombait point, et frappée de son indéfinissable
1. Disons avec Bossnet : ce Je m'arrête ici an moment pour prier les gens da monde de ne point traiter ces états de visionç et de rêveries ; doatent-ils que Dieu, qui est admirable dans toutes ses œuvres et singulièrement admirable dans ses saints, n'ait dea moyens particuliers, inconnus au monde, de se communiquer à ses amis, de les tenir sous sa main, de leur faire, sentir sa douce souveraineté ? QuMls craignent donc en précipitant leur jugement d'encourir le juste reproche que fait l'apôtre saint JudeÀoeux qui hla$phèmênt cequHlê t^oreiU. » (Introdnc- Uon tMS les Etats d'^-aison, 1. yiII.)Ceoi posé, avertissons le lecteur qall a sous les yeux l'histoire de la Sainte, et non une thèse doctrinale traltaai de ce que la raison laissée h ses seules forces serait impuissante à comprendre dans cette existence extraordinaire. L'enseignement de TEglise, très complet snr Catherine, puisque les faits les plus étranges de sa vie sont mentionnés par la Bulle de Canonisation, [Bibliographib G, III,] nous couvre sans réserve; la théologie d'ailleurs donne l'explication des phénomènes surnaturels. Quant aux documents historiques, nous indiquons les sources par un renvoi à notre bibliographie, la plus complète qu'on ait publiée. Dans la vie de ^Catherine, aucune place n'est laissée à lalégende ; ainsi que nous l'expliquons ch. xxi, on ne traiterait pas aujourd'hui de légende le travail critique du B. Raymond. [Bibliographie C]
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regard et de son radieux sourire, sa mère retournait toute pensive aux travaux du ménage.
Un soir d'été, Catherine était alors dans sa sixièn^e année, on l'envoya avec son frère Etienne porter un message à Bonaventure.. Au retour, les enfants, subissant le charme de Theure où tout dans la nature semble §e recueillir, gagnaient à pas lents la maison paternelle. Ils traversaient rétroil vallon * qui sépare la cathédrale du couvent des Frères Prêcheurs ; Etienne montrait à sa sœur l'église Saint-Dominique, dont les hautes tours et la vaste nef de briques se détachaient en silhouette sombre sur Thorizon rouge encore des derniers feux du soleil. Tout à coup Catherine s'arrêta les yeux fixés au ciel. Les passants la regardaient avec surprise; les bestiaux, descendant à l'abreuvoir, allaient et venaient autour d'elle, et l'enfant, toujours immobile, semblait ne rien voir, ne rien entendre. Etienne avait continué sa marche ; il était déjà loin, quand, impatienté du silence de Catherine, il se retournait l'aperçut ainsi au milieu du chemin '. « Que fais-tu ? Viens ! » lui criat-il en courant à elle et en lui prenant les deux mains. Comme si elle s'éveillait d'un songe, l'enfant abaissa les yeux sur lui, puis elle les releva au ciel et fondit en larmes : — « Ah ! si tu voyais ce que j'ai vu, tu ne m'aurais pas troublée. »
Sur une sorte de couche nuptiale ornée comme le