DÉPART DE GRÉGOIRE XI POUR ROME
Cateriaa Fe ehe il paitor che Q Vilicano ononi, Alfin tornawe alla ciltà latina.
SON. IN ONORK DI S. CATIMKA.
Catherine triomphe des dernières hésitations du pape. — H quitte Avignon. -^ Stations à Toulon, à Varazze et à Qénes.
L'espérance de voir partir Catherine charmait la cour pontificale ; les cardinaux, se disant qu'ils allaient enfin reprendre leur empire sur Grégoire, facilitaient aux Siennois tous les moyens de regagner l'Italie ; Louis d'Anjou étonnait sa suite par la générosité avec laquelle il donnait cent francs d'or pour aider aux dépenses du voyage, quand le pape arrêta cet élan et déclara que la Sainte ne s'éloignerait pas d'Avignon avant lui. En même temps il accorda une audience à Catherine, mais non point une audience d'adieu.
Comme de coutume, on la reçut dans les appartements privés. Autour du somptueux cabinet de travail étaient rangés des manuscrits aux riches reliures, dans lesquels le Souverain Pontife lisait les œuvres des philosophes anciens, des Pères de
rÉglise, des historiens ou des poètes *. Par les fenêtres on apercevait la plaine riante qu'anime le Rhône. Au loin le soleil éclairait le mont Ventoux, de lumineux scintillements couraient sur cette vaste campagne étendue aux pieds du pape comme un jardin en fleur. La jeune Sainte soupira. Grégoire quitteraît-il une telle patrie ?
Le premier mot du pontife fut pour intimer à l'Ambassadrice l'ordre de rester. Elle sembla surprise qu'il ne se préparât pas lui-même au départ, mais elle ne le sollicita pas de la suivre ; elle se contenta de lui rappeler qu'en ce moment même Luc Savelli notifiait au Saint-Siège, de la part des Romains, que si le pontife s'obstinait à vivre en France, on pourrait de son vivant lui choisir un successeur italien. D'ailleurs l'éloquence des événements dispensait de tout commentaire. Ne voyait-on pas la politique des légats égaler par sa duplicité celle de Florence ? Ne maintenaient-ils pas la trêve avec Visconti, grâce à l'abandon des villes réfugiées sous la protection du Saint-Siège ? N'étaient-ils pas, le massacre des habitants de Faênza par leurs troupes le prouvait, cruels à l'égal de Visconti lui-même ? Ne faisaient-ils pas rejaillir sur le pape un sang innocent, dont les Toscans lui demanderaient compte ' ?
Pourtant Grégoire restait livré à une douloureuse incertitude. Déjà il avait fait secrètement armer sur le Rhône des galères chargées de ses bagages et il