‹ Sainte Catherine de SienneChapitre 217 sur 282 · Longral et Berthiar, XIV · texte numérisé non relu

Longral et Berthiar, XIV

SA DÉFENSE d'uRBAIN VI 491

torité absolue ne donne pas plus de portée au regard et ne fait pas voir plus de choses qu'un seul homme n'en peut voir ; elle lui conseillait de s'environner de vertueux pasteurs, de les écouter avec patience ; l'expression trop nette de la vérité dans la bouche d'un Dominicain a blessé Urbain VI » ; faisant sienne l'erreur de son disciple, implorant la grâce du P. dei Dominici', Catherine, par son plaidoyer, enseignait éloquemmcnt la miséricorde '. Au premier cardinal qui eût voté pour Urbain, à Pierre de Lune, elle adressait deux lettres qui révèlent une vue prophétique de l'âme qu'aveuglera Porgueil *. c II me semble avoir entendu dire, écrivait-elle, que la discorde surgit entre le Christ sur la terre et ses disciples ; la crainte que j'éprouve du schisme, causé par mes péchés, m'inspire une intolérable douleur. Par le glorieux sang répandu avec un si grand amour, je vous prie de ne vous détacher jamais de la vertu et de votre chef; dites-lui de s'appuyer sur de solides colonnes, car voilà l'heure de nommer des cardinaux^ prêts à donner leur vie pour l'amour de la vérité. » L'esprit pratique de la Sainte s'affirmait par un conseil familier : «N'attendez point pour vous défendre du mal, que la pierre vous soit tombée sur la tête. » Elle ne craignait pas de rappeler la prédiction du schisme, que « sa raison surnaturellement éclairée » lui avait permis de faire ; elle

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