CHAPITRE XIX
LE GRAND SCHISME d'oCCIDENT.
Il don di profeila Da DIo le fii accordato.
P. PACmi, ODB IN ON. DI 8. CATIMNA.
Catherine est mandée à Rome par Urbain VI. — Elle 7 appelle ses amis. — Son apostolat pour l'Eglise. — Elle défend l'élection d'Urbain VI. — Ses rapports avec Catherine de Suède.— Le pape envoie Raymond de Capore en France. — Victoire de Marine. — Catherine proclame la vérité au début du schisme.
Un schisme menaçait l'Eglise depuis Tavènement de Clément V ; en 137S Catherine Tavait prophétisé ; il s'accomplit au moment où la Sainte, sentant venir la mort, dictait son testament spirituel.
Rien des dissensions survenues dans l'Eglise ne lui était étranger ; dès le printemps, les Florentins renlretenaient de Télection d'Urbain, troublée d'un côté par l'ambition des Français, et de l'autre parles prétentions des Bannereis et du peuple romain. Tandis que les cardinaux discutaient, la populace se l'assemblait devant le Vatican: « Donnez-nous \m
pape romain ou italien, » criait elle, et elle menaçait les prélats « de rendre leurs têtes plus rouges que leurs chapeaux. » Des témoins oculaires avaient raconté ces scènes à Catherine en lui dépeignant la terreur des membres du conclave, qui, au dire de Fun d*eux, préféraient mourir « confesseurs que martyrs. » Elle avait su les péripéties deTémeute, la présentation d'un faux pape, le vieux Tebaldeschi, enfin elle s'était réjouie du vote du Sacré-Collège, de l'intronisation de Barthélémy Prignano, qui prit le nom d'Urbain VI et fut salué par toute la chrétienté *.
Ce choix assurait à Catherine la durée de son œuvre. Sous la garde d'unltalien, le Saint-Siège resterait à Rome. Elle loua le soin avec lequel le nouvel élu, profondément versé dans les sciences canoniques, fit constater la validité de son élection ; elle approuva la solennité que les cardinaux mettaient à proclamer l'accession d'Urbain au trône pontifical ; et pourtant elle vit que les qualités et les défauts du pape contribuaient à lui aliéner les esprits. Les réformes qu'il entendait introduire dans les mœurs du clergé, l'austérité de sa propre vie, tournaient contre lui les coupables et les lâchés ; en même temps, par son caractère personnel et orgueilleux, il blessait non seulement sa cour, mais encore des rois, défenseurs du Saint-Siège.
Dès le mois de juin, lorsqu'elle était encore à Florence, l'infatigable servante de l'Eglise multipliait ses lettres. A Urbain elle écrivait que l'au-