Lettera
2. B. Raym. II, 10. Les gaerros des Denx-Siciles n'accomplirent qne trop cette prophétie.
3. Les conciles de Constance et de Trente semblent avoir réalisé la prophétie de la Sainte ; cependant Tabbé Rohrbacher rapplique ans progrès de la Foi dans le monde, tandis qne d'antres y voient l'annonce des missions de saint Lonis Bertrand et de saint François Xavier on même d'événem^snts k venir.
au Vatican qu'elle se rendait, car le fort Saint- Ange, resté aux mains des rebelles, dominait et menaçait l'antique palais de Constantin. Urbain VI, comme exilé dans Rome, avait dû se réfugier au delà du Tibre, près de l'église Santa Maria in Trastcvere, lieu consacré par des miracles depuis la naissance de Notre-Seigneur.
En foulant la terre romaine, Catherine <l sentait bouillonner sous ses pieds le sang généreux des martyrs ; » mais elle se demandait si les plaintes de Pétrarque, dont elle avait souvent entendu Técho, n'étaient point dépassées par la réalité. De loin elle apercevait des collines solitaires, abandonnées par crainte de la fièvre; on sentait Rome trop vaste pour ses rares habitants. Les temples antiques, les Thermes, le Colisée lui-même, portant la trace de ravages récents, étaient devenus autant de carrières d'où les Barons tiraient des matériaux pour leurs forteresses. Dans les rues, aucune animation, nul vestige de commerce, d'industrie. Le noble caché sous son armure milanaise, se défiant à la fois du peuple et des mercenaires, passait comme un étranger. L'artisan se rendait sans ardeur à ses travaux, dont, à cause des troubles civils, il ne recueillait pas toujours le prix. Si au milieu des nuages de poussière soulevés par leurs longues traînes :
c Drappi longhi ke la polvora mena, »
disait un contemporain, on distinguait quelques femmes, leur costume les faisait ressembler à des Romaines de la décadence, et non à des citoyennes de la ville des Apôtres.
SA DÉFENSE d'uRBAIN VT 499
Catherine passa le Tibre et arriva au palais du pape. Dès son premier entretien avec Urbain VI, elle eut la preuve de ce que la renommée lui faisait pressentir. Depuis son élection au trône pontifical, Barthélémy Prignano était fort changé. On retrouvait toujours l'esprit cultivé, l'intelligence ouverte, la science consommée, la pureté de mœurs qui avaient plu à Catherine quand, en 1376, elle voyait le prélat à Avignon. Mais qu'étaient devenus l'amour du prochain, l'humilité, la discrétion, l'austère désintéressement qui le distinguaient alors ? Hautain, avide d'honneurs pour lui et pour sa famille, oublieux des droits d'autrui, il s'emportait contre tout ce qui contrariait son impétueuse et changeante volonté, et prêtait une certaine vraisemblance aux calomnies de ses ennemis, quand ils assuraient que son élection au trône pontifical lui avait troublé l'esprit*. La Sainte prêcha la patience, la toutepuissante charité; puis elle fit voir une si rare intelligence des hommes, des événements, des moyens d'action, qu'Urbain réunit ses cardinaux et la pria de les entretenir du schisme.
Tous avaient été nommés par le pape le 18 septembre 1378. Parmi eux Catherine distingua une des lumières de son Ordre, l'ami de la bienheureuse Brigitte, Nicolas Caracciolo ^ et elle reconnut un de ses fils spirituels, Bonaventure Badoara ', Général