‹ Sainte Catherine de SienneChapitre 244 sur 282 · Lett · texte numérisé non relu

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Le 15 février 1380, Catherine adressa son testament à Raymond de Capoue. CVîtaitbienle testament d'une apôtre dominicaine, martyre pour l'Eglise ! € Avant que je vous revoie, je ne serai plus sur la terre, » lui avait-elle écrit depuis leur quatrième et dernière séparation * 1 Maintenant elle ajoutait : « n'ayez point de peine que corporellement nous soyons loin Tun de l'autre ; votre présence m'eût été une très grande consolation, mais plus grande est la consolation et l'allégresse de vous voir utile à l'Eglise. » Déjà le regard prophétique de la Sainte discernait en Raymond le futur Maître général de son Ordre : € Plus le poste où Dieu vous placera sera élevé, écrivait-elle, plus vous vous abaisserez, plus vous embrasserez la croix. Profondément silencieux et étranger aux conversations du siècle, parfaitement humble, vraiment prudent, volontairement pauvre et libéral envers les pauvres, uni à Dieu par le saint Sacrifice de la Messe, que vous célébrerez chaque jour*, et par l'oraison continuelle, vous serez dur à vous-même et tendre envers l'Eglise. Faites dans l'Ordre tout ce qui vous paraîtra Thonneur de Dieu, et restez, jusqu'à la mort, fidèle au pape Urbain ». Après avoir raconté à son confesseur, avec cette confiance particulière

1. A partir de Tannée 1375, époque de leurs premiers rapports, Raymond quitta Catherine : en 1375, quand il porta seslettres aux condottieri ; en 1376 pour la précéder à la cour d'Avignon ; en 1377 afin de la devancera Rome ; en 1379 lorsqu'il fut chargé d'une mission auprès de Charles Y.

2. Au moyen âge le religieux de semaine seul célébrait quotidiennement la messe, à laquelle tons assistaient.

à leurs entretiens, les mystères de sa vie surnaturelle, depuis la dernière fête de la Circoncision jusqu'au 2 février*, après s'être excusée de toute désobéissance ou irrévérence commise, de toute peine ou amertume causée, de toute ingratitude dont elle était coupable, après s'être humiliée du peu de soin qu'elle avait pris de leur commun salut, après avoir imploré la bénédiction du P. Raymond et les prières de tous, elle exposait son entière soumission à la volonté du Christ : « Recevez sans douleur ce que je vous écris, ajoutait-elle; je ne sais ce que la bonté divine fera de moi, si elle me laissera ici, ou si elle m'appellera ! >

Sauf le manteau de sa profession, qu'avec une grande délicatesse d*amitié, Catherine léguait au P. délia Fonte ', elle laissait tout ce qu'elle possédait à Raymond deCapoue. Ses œuvres littéraires % et ses disciples que le futur Maître général de son Ordre dirigera : « Je prierai l'éternelle Vérité, écrivait la Sainte au Dominicain, qu'elle fasse rejaillir

1. Nous avons emprunté à cette lettre (373) tout notre récit de la vie mystique de la Sainte durant le temps qui précéda la Purification.

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