‹ Sainte Catherine de SienneChapitre 243 sur 282 · Lett · texte numérisé non relu

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SA MOKT 5i7

Ceux qui vivaient à Sienne réunis sans autre lien que la maternité de Catherine avaient craint de voir sa mort rompre une société déjà fort affaiblie par son absence. Dès qu'elle était tombée malade, Ser Christophe de Gano, retenu dans les liens d'un mariage contracté contre le sentiment de sa mère spirituelle, lui demandait pour tous, avec sa précision de notaire, une véritable règle écrite. Si ces hommes avaient été appelés à se ranger sous une commune loi, la Sœur de la Pénitence les eût depuis longtemps groupés sous celle de saint Dominique ; il n'en était point ainsi, et elle ne pouvait que compléterles conseils généraux donnés aux plus anciens d'entre eux. Dans une très longue lettre à Sano de Maco, qui s'occupait de la vie morale des disciples dont Etienne Maconi dirigeait les exercices pieux, elle traça en termes magnifiques l'idéal de la vie chrétienne. Montrant le Christ crucifié, comme un livre toujours ouvert où Ton apprend l'art d*aimer Dieu, elle écrivait : <i Servez la vérité, non point à votre manière, mais à la sienne, non point en choisissant le temps et le lieu, non point en refusant la lutte, mais en embrassant la souffrance. Macérez vos corps par le jeûne, la veille, l'oraison fidèle et constante. Ayez pour volonté celle de Dieu, ne conversez qu'avec ses serviteurs, ne perdez point votre temps à d'oiseuses paroles sur les actions d'autrui ou à de faux jugements qui déchirent le prochain ; Dieu seul doit juger. Soyez associés au nom de Jésus-Christ pour parler de sa bonté, de la vertu des saints, de vos défauts. En vérité je vous aime ; je m'occupe de votre salut,

j'ai la volonté de vous voir écrits dans le Livre de vie! Priez pour TEglise et pour le pape Urbain *. » De plus, Catherine avait particulièrement instruit ceux de ses disciples qui prenaient une part active aux affaires humaines ; comme ambassadeur, comme défenseur ou capitaine du peuple, le peintre André Vanni, à qui jadis elle avait involontairement servi de modèle, remplissait souvent à Sienne des charges importantes ; déjà il était pourvu des doctrines qui font les grands citoyens dans la cité des hommes comme dans la cité de Dieu *. Avec Pierre Ventura et surtout avec Etienne Maconi la correspondance de Catherine et des disciples réunis a Rome était incessante. Auprès de la Seigneurie, des paroisses, des couvents, de tout TEtat Siennois, ces deux disciples se montraient d'excellents agents en faveur d'Urbain. La Sainte ne leur avait ménagé ni les lumières qui forment rhomme pour l'action, ni les renseignements précis qui guident cette action ; puis Ventura était sollicité de se dégager de ses affaires terrestres, de venir à Rome, tandis qu'Etienne devait céder à la volonté de ses parents et rester à Sienne ; pourtant la Sainte sentait ce disciple bien-aimé la proie du trouble d'âme qui précède les sacrifices absolus, et elle l'encourageait: « il te sera dit au dedans de ton âme, et toi aussi tu te diras : repose-toi en paix sur la croix ^ ï>

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