‹ Sainte Catherine de SienneChapitre 250 sur 282 · Lett. Antogr. [BiBUoaBAPms, I, yi · texte numérisé non relu

Lett. Antogr. [BiBUoaBAPms, I, yi

coûtant rien des vaines promesses du monde, restaient constamment attentives à là voix divine ; elle passa sur les narines qui avaient respiré les parfums du paradis ; elle effleura les lèvres éloquentes à louer Dieu et à plaider la cause des pécheurs ; elle couvrit les mains jointes dans la prière, les pieds fatigués à suivre le Christ *.

Catherine se ranima, il lui fallait soutenir un dernier assaut des puissances infernales. Nul ne sut complètement la nature de cette épreuve; mais ses disciples comprirent que les démons frappaient sa chair de coups sensibles , et ils la virent en proie à des transports étranges. Après un long silence, elle répéta plus de soixante fois, en levant sa main droite au ciel et en la laissant lourdement retomber : Peccavi, Domine miserere met. « Seigneur, criait-elle, ayez pitié de moi ; ne m'ôtez pas la mémoire que j'ai de vous. Venez à mon aide ; hâtez-vous de me secourir ! » Elle priait, elle pleurait, elle semblait écouter. Tantôt son visage exprimait le dédain, tantôt Tindignation. Parfois un sourire effleurait ses lèvres. Tout à coup, on l'entendit s'écrier comme répondant à une accusation : « Non, jamais la vaine gloire! mais la vraie gloire et l'honneur de Dieu. » Ses enfants spirituels échangèrent un regard de triomphe. Elle semblait faire justice du seul reproche formulé contre elle, à Rome, celui de rechercher et d'aimer la louange.

Les démons étaient terrassés; le* visage transfiguré de la Bienheureuse faisait songer à celui des

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