On ne eait pas si Lisa lui survécut
fécond. Sans doute les Saintes et les Bienheureuses du Grand Ordre et du . Tiers-Ordre régulier * gardent avec Catherine une extrême ressemblance ; lorsqu'au jour de leurs fêtes, on lit les Leçons du Bréviaire, on est tenté de croire qu'il s'agit de la Sainte de Sienne, mais cette ressemblance s'affirme surtout avec les Sœurs de la Pénitence. Qu'on les prenne dans un siècle ou dans un autre, à Téquateur ou au pôle, qu'elles portent la couronne royale ou la besace, qu'elles soient savantes ou ignorantes, que leur tâche soit admirable ou obscure, que l'Eglise encourage seulement à imiter leurs vertus ou qu'elle les béatifie et les canonise, on retrouve en elles ce je ne sais quoi, qui n'a pas de nom dans le monde des âmes, et que dans le monde des corps on appelle la race. Les faibles en ont quelques traits, les forts gardent le type ; si Ton pénètre la vie intime de sainte Rose de Lima, elle est une si parfaite image de sainte Catherine, qu'on distingue à peine la copie de l'original : il est donc évident qu'après la mort de la Sainte comme durant sa vie, les Tertiaires ses sœurs l'ont choisie pour modèle.
Imiter une sainte, ce n'est pas chercher à reproduire ses œuvres ; la forme, les conditions de la vie fussent-elles les mômes, il y aurait encore des différences essentielles de nature et de grâce,
1. Le second Ordre n'a qu'une . sainte : Agnès de Montepulciano. Il en est de ni^me du Tiers-Ordre régulier qui ne compte que sainte Catherine de Ricci, mais tous deux ont donné À TEglise plusieurs Bienheureuses . Les Frères Prêcheurs posaédent dix saints et une foule de Bienheureux.
qui rendraient un tel effort déraisonnable et stérile, car chaque chrétien a "sa physionomie propre. Le Maître n'a point dit : portez ma croix, il a dit : portez votre croix. L'enseignement de Catherine n'est jamais : marchez à ma suite sur les traces du Maître ; c'est : suivez le Maître par la voie où il vous appelle.
A l'heure où Pagonie de leur grande sœur commençait, les Tertiaires recueillirent sur ses lèvres une parole bien humble, bien simple, et pourtant sublime , car elle embrassait toute son existence. « Je veux, disait cette grande mystique, apôtre dans l'Église et martyre pour les âmes, je veux avoir fait mon devoir *. » Et depuis ce jour, les Sœurs delà Pénitence veulent-elles aussi remplir jusqu'au bout, selon leurs forces et moyens, l'appel de Dieu à chaque âme qui est le devoir: cela c'est imiter Catherine et lui ressembler. Persuadées, à l'exemple de la Sainte, qu'elles ne sont rien, et que Dieu est tout, elles ont la passion de connaître le Seigneur dans toute la mesure où leur intelligence peut s'ouvrir pour recevoir la lumière ; comme en Catherine, la connaissance accroît nécessairement l'amour, et leur cœur, s'attachant au Christ crucifié, arrive à s'épanouir dans l'union avec Dieu; ainsi que Catherine elles servent le Seigneur non point sous une forme déterminée, mais partout où leur Ordre les offre à l'Eglise ; volontiers elles payent la rançon des âmes que le Rédempteur a rachetées ; leur vie appartient à tous