‹ Sainte Catherine de SienneChapitre 58 sur 282 · Dial. CLVIII · texte numérisé non relu

Dial. CLVIII

à sa vie : il la conduisait de la crèche au calvaire, elle le suivait avec une conformité de vues, une ardeur de charité, qui lui méritaient d'être associée à Marie-Magdeleine dans une contemplation privilégiée du Christ glorieux. Cette contemplation la Dominicaine Agnès de Montepulciano la lui montrait parfaite dans Téternité. Enfin, quand^ ravie par une vision de la très sainte Trinité *, la jeune vierge mourait d'amour et discernait sous la lumière divine non seulement les béatitudes célestes propres à exalter sa charité, mais encore les souffrances du purgatoire propres à exciter son zèle apostolique, saint Paul lui enseignait comment, après être mort d'amour pour les âmes, à l'exemple du Rédempteur, on ressuscitait en Jésus- Christ pour l'amour d'elles. A la suite de l'Apôtre il fallait qu'elle dominât la seule tentation qui l'atteignait, la tentation qu'accusent les paroles : cupio dissolvi, le désir de voir l'éternelle Trinité en son Essence avant l'heure fixée par Dieu '.

Catherine envisagea la voie ouverte devant elle ; Notre-Seigneur en avait tracé les chemins, et elle repassa dans son âme les paroles qu'il proférait alors : « Ma fille bien-aimée, je t'ai ressuscitéo pour te donner une vie nouvelle ; ma grâce débordant sur ton corps rendra son mode d'existence extraordinaire et opérera de singuliers prodiges: aussi les ignorants qui s'arrêtent au seul témoignage des sens se scandaliseront et t'accuseront

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