‹ Sainte Catherine de SienneChapitre 60 sur 282 · APOSTOLAT DE CATHERINE A SIENNE · texte numérisé non relu

APOSTOLAT DE CATHERINE A SIENNE

Ogny eofermo cor Irova sainte Per la sua gran virtute.

Laudb di s. Catkaina di Fidio Bilcari .

Les malades et les pauvres de Catherine. — Ses pèlerinages.

— Son empire sur les pécheurs. — Son secrétaire Néri dei Pagliaresi. — Ses lettres. ^ Début de sa mission publique.

— Sa correspondance avec le Légat P. d*Estaing. — Ses premiers disciples.

Ce n'était plus seulement par la prière ou par le sacrifice, par des entretiens intimes avec sa famille, avec les membres de son Ordre et avec leurs amis, que Catherine devait gagner les âmes à la vie éternelle. Le divin Maître voulait autre chose : il exigeait qu'elle agit au dehors.

La Sainte n'attendit point qu'un événement propre à frapper l'esprit ou à surexciter les énergies donnât au début de sa mission le caractère élevé, étendu, annoncé par la parole divine. Tout simplement elle suivit les Sœurs de la Pénitence dans leurs travaux extérieurs. C'étaient la visite des prisonniers et le soin des malades pauvres que le manque des biens terrestres dispose particulière-

ment à recevoir la plénitude des richesses éternelles. Ainsi les Tertiaires pratiquaient le double esprit de leur règle : la mortification des sens et le zèle envers les âmes.

Tous les matins, au lieu de s'oublier près du Saint-Sacrement, Catherine quittait la chapelle délie Yolte après la messe et se rendait au petit hospice de Gamporeggi destiné aux Sœurs et desservi par elles, puis à l'hôpital délia Scala, ou à celui de la Miséricorde, fondé par un Tertiaire dominicain, le bienheureux André Gallerani. Là, pénétrant dans les salles obscures où les malades s'entassaient sur de fétides grabats, elle aidait le médecin et secondait le prêtre. Quand la mort lui arrachait ses malades, elle les ensevelissait, contemplant avec joie en eux l'image de sa propre fin, et souvent elle vit les corps inanimés que touchaient ses mains briller des splendeurs de la résurrection.

Ainsi, sans empressement comme sans crainte, elle se mêla aux hommes chaque fois que son désir de faire le bien lui en fournit l'occasion. Par une grâce singulièrement douce, le Seigneur voulut que le premier miracle public opéré par Catherine, le premier prodige qui suivit la résurrection de sa mère, eût pour objet une Sœur de la Pénitence.

Au moment où elle arrivait à l'hôpital de la Miséricorde, les malades lui racontèrent un jour, que de leurs fenêtres, ils avaient vu s'écrouler une vieille maison sur la Tertiaire dominicaine qui

1. Od montre encore à Thôpitel délia Scala le rédait où se retirait Catherine, et la pierre sar laquelle elle s'étendait.

rhabitait. Les voisins soignaient cette pauvre femme ; mais elle poussait des cris déchirants. Catherine accourut auprès d'elle ; afin de se rendre compte de Té tendue du mal, elle toucha les contusions, les plaies, les fractures, et la douleur disparut au point que la blessée, s'adressant aux médecins qui se consultaient à son chevet, dit à haute voix : (( La fille de Lapa m'a guérie. » Les médecins furent les premiers à célébrer la toute-puissance divine. Bientôt le peuple de Fontebranda déclara que Tenfant nouveau-né d'une pauvresse du quartier serait mort, si les prières de Catherine n'avaient pas rendu à la mère son lait tari par la misère et la maladie ; aux jeunes femmes, qui émues de ce prodige arrêtaient la Bienheureuse dans les rues pour lui faire bénir leurs enfants se joignirent bientôt tou^ les malheureux ^

Catherine ne recula devant aucun travail, aucun sacrifice utile au prochain ; on remarqua cependant qu'elle évitait tout rapport avec les possédés. Craignait-elle de provoquer l'admiration en calmant les énergumènes ? Redoutait-elle la vue du démon ? Dieu avait laissé Satan traverser ses visions, et elle aurait, assurait-elle, cheminé dans les flammes jusqu'au jugement dernier plutôt que de le revoir * ! Etait-elle encore obsédée par les esprits de ténèbres comme au début de sa vocation ? Ses paroles portaient à le croire.

Un notaire de Sienne, Ser Michel de Monaldo,

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