‹ Sainte Catherine de SienneChapitre 76 sur 282 · Du]. CXI · texte numérisé non relu

Du]. CXI

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Maître, amena un miracle plus grand que les autres, un miracle qui accrût et multiplia les faveurs dont il devint la source la plus abondante. Un jour, avec les prophètes, Catherine demandait au Seigneur de créer en elle un cœur pur et nouveau * ; soudain le Christ apparut ; il lui ouvrit le côté, prit le cœur qui avait volontiers souffert Tinjustice des hommes et même Tabandon de Dieu, et remporta. La Sainte mit la main sur sa poitrine ; rien ne battait plus. « Vraiment, il me semble que je n'ai plus de cœur, » dit-elle à son confesseur qui rit de sa naïveté. Etait-il possible de vivre sans cœur ? Plusieurs jours se passèrent ainsi ; le Créateur enfreignait ses propres lois, la nature obéissaità son Maître, le corps vivait sans les organes nécessaires à la vie. Jésus- Christ revint à Catherine : « Ma fille bien-aimée, je t'ai pris ton cœur, je te donne le mien, c'est par lui que tu vivras. » Une ineflfaçable cicatrice fut le signe visible de cet échange.

N'y avait-il là qu'une figure ? Catherine perdaitelle son cœur fini dans le cœur infini du Rédempteur, comme les chrétiens dépouillent le vieil homme afin de se revêtir de Jésus-Christ? On ne sait. La cicatrice mystérieuse attestait la véracité du récit de la Sainte, dont les visions étaient si claires, si présentes à son âme, qu'aile les éprouvait et les racontait comme des réalités. Même la théologie ignore comment Dieu lève pour ses héroïques serviteurs le voile qui le cache ; eux-mêmes hésitent quand ils veulent décrire leurs apparitions, et sur-

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