‹ Sainte Catherine de SienneChapitre 75 sur 282 · B. Raim. II · texte numérisé non relu

B. Raim. II

religieux voulait assassiner Catherine ; mis en fuite par des passants, il courut au château de sa famille où il se pendit *.

Cependant laBienheureuse recevait du divinMaître le prix de sa vertu. Si, craintive de se voir chassée, elle quittait Téglise, Jésus-Christ Farrètait. € D'où vient que tu veux me fuir? ton âme est mon temple ; en quelque endroit que tu ailles, tu te trouveras toujours avec moi, parce que je serai toujours avec toi. » Elle entendait alors chanter les esprits célestes, ou les voyait officier, devant la Vierge Mère et les saints, sur Tautel en feu. Dans Téglise éclairée de splendeurs surnaturelles, remplie de parfums inconnus à la terre, Thostie s'animait ; ce n'était plus seulement le Christ lui-môme avec des aspects divers • ou représenté par des symboles, c'était l'indivisible Trinité tout entière dans chaque fraction des espèces sacramentelles ; sous les espèces du pain Catherine percevait le corps, l'âme, le sang du Christ unis ensemble à la nature divine, non point comme un reflet, mais véritablement. Eblouie, la raison de Catherine cessait alors de pouvoir contempler le mystère qui se dévoilait; mais la Foi éclairant l'intelligence, suppléait à la faiblesse de la raison, et la vue de l'Eucharistie était si claire pour la Sainte que le démon avait perdu toute puissance de lui

1. La Rd« Mère Drane (400-401) sappose que deux lettres [BiBLioGRAPHiB, I,VI,7, 8],adre88ée8 àNérîen 1378, sont de ce personnage. L^hypothèse est ruinée par la chronologie, f

2. Hoc igitur tanqnam certain statuendum est Deum ssepissîme apparaisse homînibus sab forma yisibili. Snarei de Angelis. L. VI,20, 2.

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jeter en Tesprit la moindre obscurité sur la transsubstantiation *.

« Seigneur, disait-elle, se souvenant de ses hésitations passées. Seigneur, doutez-vous de ma foi ? je crois, pourquoi me traiter comme si j'étais incrédule? — Ce n'est pas pour toi, ma fille, mon épouse, c'est pour ceux qui par toi seront confirmés dans la Foi, pour ceux qui à cause de toi verront les prodiges que tu contemples. — Quand sera-ce. Seigneur? » s'écria-t-elle. Le P. Thomas, qui croyait être plus près de Dieu lorsqu'il priait à côté de sa pénitente, entendit ces paroles et voulut en savoir le sens. « Le Seigneur me promet des dons précieux, à condition que les créatures ne les connaîtront que par mes exemples. » Il fallait attendre. Le P.Thomas se tut et se contenta de suivre en Catherine les opérations de la grâce.

Rien désormais [n'entrava le cours des miséricordes célestes ; la vie de la Sainte se passait dans ime vision intellectuelle presque constante. Tandis que, « boire le sang du Christ aux plaies divines, > lui devenait, disait-elle, une douce habitude, on voyait, on entendait son cœur, incapable de contenir l'amour qui le remplissait, battre avec d'étranges mouvements. Lorsque son esprit se] plongeait dans la source de tout bien, ses yeux versaient des larmes sanglantes, soa. visage était transfiguré.

L'union intime de Catherine au Christ dans la, sainte Eucharistie, cette union à laquelle seules parviennent les âmes qui laissent une pleine action à leur

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