PE COTES
nr nent nent”
qui presse à la picté, et à l'amour de Dieu tous ceux qui ont le bonheur de lapprocher, Enfin sur le point de mourir, parlant elle-mème à son came, elle lui dit: * Sors hardipent mon âme, ne crains rien, tt as un bon gui pour t'accompagner Je long du cheïin, Celut qui la créce, Qui Ca sanctifiée et qui Ca minée COnHE Une MOT ame sa fille, est lui-méme dispose à te reces ir. it vous mon Seigneur et mon Dieu qui n'avez donné Petri et la vie, soyez béni
Puis s'adressant à l'une de ses soeurs: Oh! vois-tu, ma fille, Le Roi de gloire? "C'était en effet Notre Sagocour qui lui apparaissait. \utour de lui dans leurs vétements d'une blancheur éclatante et portant des couronaes d'or, de nombreuses vicrges ; parai elles, 1 en était une qui les surpassait toutes en beauté et en splendeur. C'était la Sainte Vierge clle-mèême, et dans la lumière éblouissante qui remplit 11 cellule, elle se penche pour embrasser fa mourante. Les autres s'empressent, comme autant de servantes, autour de Claire, étendant sur elle un manteau d'une richesse merveilleuse et répandant des fleurs tout autour de son lit. C'est au sein de cette vision que son àme s'envole vers je ciel, le LE du mois d'août 1293.
La nouvelle de sa mort est bien vite répandue dans la ville d'Assise, On accourt de toute prart au me as-
tère, pour voir et vénérer le corps qui avait logé une
it
ame aussi grande et aussi sainte. Le pape lui-même veut présider aux funérailles. Les religieux de saint François, appelés pour chanter l'office auprès de la pieuse dépouille, commencent celui des morts, le pontife les arrête et leur dit qu'il fallait au contraire chanter cehit des saintes vierges, puisqu'on ne pouvait pas douter du bonheur de celle que lon pleurait, L'oraison funcbre devient un éloge enthousiaste sur les lèvres du cardinal qui la prèche, et dans laquelle il célèbre éloquemment les mérites de sainte Claire.
\ la réputation de sainteté déjà acquise de son vivant, la vierge d'Assise ajoute, dés aprés sa mort, la renomnice des miracles nombreux obtenus par son intercession en larcur des iniséreux de toute sorte. Si bien que le pape Alexandre IV, tout en ob-ervant la rigueur des règles suivies alors pour la cansnisation des saints, ne fit point ificulté de canonier Claire et de la proclamer Sunite deux ans à peine apres son décès, en 1253.
Quelques années
plus tard, es restes mortels de
sainte Claire étaient transférés ct inhumés dans une
église batie en son honneur et dédiée à son nom, par le
pape © lunent IV, Après cinr Siccles écoulés, on résolut de tirer de Pobscurité du tombeau les restes mortels et glorieux de sainte Claire. Les osscinents parfaitement
conserves furent ts dans une chüsse, placce elle-même
dans le chocur du monastére des Clarisses, ott les pèle-
ananas
PCT
ins nombreux qui se rendent à Assise ne manquent point d'aller les vénérer.
Le second ordre de saint François, celui des Pauvres Clarisses, s'est perpétué jusqu'à nos jours, partagé en diverses branches portant chacune un nom particulier. Il y a les Urbanistes, les Capucines, les Anonciades, les Kécollettes et les Cordelières. Ces diverses ramificatons comptent toutes ensemble quatre mille couvents et cent mille religieuses, se réclamant toutes du nom et du patronage de saint François et de sainte Claire. Elles n'ont cependant pas, au même degré, gardé l'esprit de ces deux saints fondateurs. Mais il est un ordre qui domine tous les autres à ce point de vue et qui, spécialement à la suite de la réforme opérée par sainte Colette, conserve dans toute sa pureté ct ses austérités primitives, la règle établie par la vierge d'Assise et confirmée par un privilège pontifical. C'est celui qui porte le noni des Pauvres Clarisses et dont nous avons le bonheur de posséder ici l'unique monastère qui existe au pays.
Le jeudi, 17 avril 1902, vers six heures du matin, les portes du couvent des Pauvres Clarisses cloitrées de Lourdes en France, Souvraient pour livrer passage à cinq religieuses qui quittaient définitivement leurs chères cellules pour venir fonder une maison de leur ordre
au Canada.
C'étaient Soeur Marie-Joseph de Jésus (dans k monde, Marie-Louise Lemoine), originaire du diocèse de Laval; Soeur Marie-François des Cinq Plaies (dans le monde, Flélène Desparrois). du diocèse de Montréal : Soeur Marie de Jésus (dans le monde, Eugénie Piché), du diocèse de Montréal; Soeur Marie de Saint-Paul de Jésus (dans le monde, Marie Hurtubise}), du diocèse de Montréal, et Soeur Marie-Madeleine de Jésus, novice (dans le monde, Maria Barrau), du diocèse de Montpelier. Avec l'autorisation de l'évèque de Tarbes, Mgr Schoepier, et répondant à la demande de l’évêque de Valleyfield, elles quittaient leurs vingt-quatre compagnes de Lourdes pour fonder en ce pays une rouvelle maison de leur ordre.
Sur le passage de ces dignes religieuses, — revètues d'un grossier habit de bure grise, et chaussées, en guise de sandales, de simples planchettes qui ne servaient qu'à rendre la marche plus pénible, — les têtes se découvraient avec respect. et les larmes mouillaient bien des yeux.
À la Grotte, où elles se rendirent, le T, R. P. Abadie, leur supérieur ecclésiastique, célébra pour les cinq fondatrices la messe du départ, au cours de laquelle elles communièrent avec une ferveur et une humilité dont se souviendront ceux qui ont assisté à ce spectacle d'une
simplicité pleine de grandeur.
Enfin, après avoir fait leurs adieux à la Vierge Immaculée, à la Grotte, à leur vingt-cinq compagnes, au monastère, les cinq fondatrices s’acheminèrent vers la gare, le coeur dans la joie, malgré le sacrifice toujour; pénible de la séparation, chantant sans nul doute, au plus intime de leur âme, ces paroles du cantique si po-
pulaire à Lourdes
Nous nous T'eFrons aux Cieuv.
Elles s'embarquèrent au Hävre, sur le paquebot La Savor, et arrivèrent au ut desire, en la fète de Notre- Dame du Bon-Conseil, le 26 vril 1902. Elles transferaient avec elles sur le sol de l'Amérique une grande statue de Notre-Dame de Lourdes, et un fragment considérable du rocher sur lequel la Vierge Immaculée daigna poser ses pieds nu..
Les Pauvres Clarisses restèrent d'abord plusieurs mois chez les Soeurs de la Sainte-l'amiile à Valleyfield, durant la construction du monastère.
Enfin arriva le jour heureux, 19 août 1902, de leur translation à leur petit couvent annexé à l'église paroissiale de Notre-Dame de Bellerive. Ce fut un véritable triomphe pour la Vierge Iminaculée, pour les filles de sainte Claire, et pour la religion elle-mème.
La population, ravie de les accueillir a, jusqu'à pre-
sent, géméreusement pourvu à tous les besoins des pau-
Se
vres Soeurs; clles-mèmes sont heureuses et reconmaissantes de pouvoir observer, sur cette terre hospitalière. la règle de sainte Claire, selon les constitutions de sainte Colette.
Depuis cette date mémorable, malgré leur pauvreté qui est restée la même et qui se maintiendra toujours, nos chères Clarisses, tout en augmentant en nombre, ont pu cependant vivre, au jour le jour, des aumônes que la divine Providence inspire aux bonnes âmes de leur adresser. Elles n'ont jamais manqué «. 1écessaire, et il en sera ainsi dans l'avenir, il ne nous &st point permis d'en douter. D'autant moins qu'il semble que Notre- Seigneur se plaise à manifester des attentions spéciales à l'égard de notre petit monastère. C'est ainsi que la charité d'une persane pieuse est venue, mettre la communauté en mesure de terminer sa chapelle, et de la disposer de manière que l'on a pu, comme dans tous les autres monastères de Clarisses, fêter, avec les mêmes privilèges et la même piété,
la mème recomaissance et les mêmes joies spirituelles,
le septisine centenaire de la fondation de l'ordre, qui se
célèbre aujourd'hui même, le dix-neuf mars, mil neuf
cent douze.