‹ Sainte Colette (1381-1447)Chapitre 11 sur 19 · LA RÉFORME AUX FLANDRES · texte numérisé non relu

LA RÉFORME AUX FLANDRES

fait nommer trois commissaires pontificaux, l'évêque deSoleure 1 , l'abbé de Averbode et le doyen de Saint-Pierre de Louvain qui autorisent la construction du couvent, nonobstant toute opposition. L'abbaye n'en continua pas moins à résister; l'abbé cependant donna par acte notarié son consentement.

Le 18 juillet i446, la sainte Abbesse est encore à Hesdin ; elle écrit de là aux claristes de Besançon une lettre qui respire la plus maternelle affection ; elle est « toujours au mieux que je puis, le corps afebli 1 , tandis que l'âme est comme Dieu le cognoist ».

Le I er décembre, Colette part pour Gand ; c'est durant ce voyage qu'elle guérit une novice; celleci, ayant accidentellement, l'été précédent, perdu un œil ne pouvait, selon la règle, être admise, infirme, a la profession. Le chapitre n'avait point voulu entendre l'avis de Colette qui disait qu'on ne pouvait rendre cette novice victime d'une blessure qu'elle avait reçue au service de la communauté. Pour éviter toute difficulté, elle emmena la blessée qui, guérie en route, fit profession à son arrivée à Gand.

A Courtray, on essaya en vain de l'intéresser à une recluse qui prétendait vivre sans manger; la

i. Il n'y a jamais eu d'Évêque de Soleure ; j'ignore quel est le prélat que tous les historiens désignent sous cette singulière appellation.

sainte avait surnaturellement compris ce qui se découvrit dans la suite, que cette hypocrite se nourrissait abondamment en secret.

Le 6 décembre, Mère Colette entrait à Gand ; l'allégresse de ses filles fut courte ; la sainte prit en effet la parole pour annoncer sa mort prochaine. Au mois de février i447» elle I e répéta à Pierre de Vaux et au P. Claret : « Mon Père, dit-elle, ce que j'ay faict,de par Nostre Seigneur, je l'ay faict et nonobstant queje soye une grande pécheresse, et toute défectueuse, si je l'avoie encore à faire, je ne sais comment je le feroie, fors que par la manière que je l'ay faict. » Elle exhorta un autre jour ses filles à ne point accepter d'adoucissements à la règle.

Le a5 février, elle communia et eut ensuite une apparition de Notre-Seigneur. Pierre de Vaux lui donna l'Extrême-Onction et lui lut la Passion de Notre-Seigneur, dans les Saints Évangiles. Tous les jours de cette semaine on dit la messe dans sa cellule, et elle versa durant le saint sacrifice d'abondantes larmes; elle passa presque tout son temps en prières « malgré de griefves douleurs internes ». Le samedi 4 mars, au soir, elle adresse ses dernières consolations à ses filles; le 5, après la messe, elle se signa et s'étendit sur son grabat, en disant : « Vécy ma dernière couchée. » Il était alors huit heures du matin.

Elle était toute vêtue, avec le voile noir de pro-

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