LA RÉFORME AUX FLANDRES. MORT
DE LA REFORMATRICE.
La sainte abbesse était déjà revenue à Amiens, le 26 août i445 ; c'est en ce jour que mourut à Aquila, en Italie, le P. Jean Bassan, qui avait été, on se le rappelle, un des premiers directeurs de notre sainte. Celle-ci en fut au moment même avertie par une révélation 1 .
Au mois de septembre de la même année, la Petite Ancelle manda le P. Claret et lui dicta en présence de Sœur Elisabeth de Bavière des dispositions et instructions. A la fête de la Purification i446, elle prédit que sa vie mortelle finirait avant deux ans.
Elle eut une extase le Jeudi Saint, au couvent d'Hesdin, depuis les vêpres jusqu'aux matines, puis, le jour de saint Pierre, elle eut révélation des abominables désordres du xvi e siècle, et en particulier de la désolation de ses couvents de Languedoc.
i.Le P. Jean Bassand a été béatifié. Son corps encore intact se vénère à Aquila.
Le jour de la Toussaint, on lui présenta un froc tout neuf pour un religieux augustin qui allait entrer dans la réforme. La sainte le fit garder en disant qu'il servirait à sa propre sépulture.
Il semblait que Corbie, qui avait été le berceau de notre sainte, dût être aussi le dernier objet de ses soins. A son désir, Philippe de Saveuse obtint, le 20 octobre i445, une bulle pour l'érection à Corbie d'un couvent de Claristes. Quelques Corbéiens offrirent l'emplacement, et l'abbé promit de donner le sable pour la construction ; mais ses religieux le blâmèrent ; Philippe de Saveuse leur offre une indemnité pour le dommage qu'ils prétendent leur venir de la nouvelle fondation. Mais cela ne leur suffit pas; ils veulent empêcher, à tout prix, l'établissement des claristes, et, devant le consentement du roi et la bulle du pape, ils s'adressent au Parlement de Paris.
Le Parlement ordonne de suspendre les travaux . Le duc Philippe le Bon expédia six mandements successifs aux bénédictins, mais en vain.
En vain aussi l'abbesse, appuyée par la duchesse de Bourgogne, s'adresse au roy lui-même. Le 2 mars la sainte envoie à l'abbaye une touchante "et pacifique protestation. Devant son inutilité, elle prie Philippe de Saveuse d'abandonner la poursuite. Mais la duchesse de Bourgogne reprend l'œuvre et à l'aide d'une nouvelle bulle, du 21 août i446,elle