PREFACE
C'est à runion intime des plus belles vertus humaines et des plus nobles vertus chrétiennes que sainte Elisabeth doit l'admiration et la vénération qu'à travers les siècles les générations lui ont vouées.
Venue des bords du Danube, sainte Elisabeth fut, pour les peuples germaniques, l'apôtre de la charilé comme, neuf siècles auparavant, saint Martin, parti du mont Pannonien, avait été, pour les peuples francs, l'apôtre de l'Évangile.
Sainte Elisabeth ne fut pas une de ces saintes qui jouèrent un rôle dans l'histoire ou dans la science, ses mérites, aux yeux des hommes, furent peut-être plus modestes, et cependant sa gloire rayonne d'un immortel éclat. C'est
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qu'elle avait reçu le don de la charité infus avec la vie et que, fille de roi, elle pratiqua les vertus les plus humbles; elle aima son prochain plus qu'elle-même; héroïne de la charité, elle est restée pour tous l'idéal de la femme chrétienne.
Ce fut dans un village insignifiant delà Hesse qu'elle termina sa brève carrière terrestre, mais ce village devint le « centre religieux de l'Allemagne», et, durant trois siècles, Marbourg vit les peuples accourir dans ses murs, pourvénérer les reliques de sainte Elisabeth, pour implorer son intercession.
Tout à coup, le vent de la Réforme souffla, s'efforçant de détruire tout ce qu'un magnifique élan de foi avait édifié, et, le 3 juin 1526, tout hommage public cessait d'être rendu à la sainte dans cette ville même qu'elle avait comblée de ses bienfaits, illustrée par ses vertus.
Celle que l'on n'invoquait plus sembla cesser de veiller sur sa patrie et, coïncidence voulue par la Providence, au moment où les chrétiens cessaient de vénérer publiquement la première sainte magyare, les fils du royaume marianique, après avoir été, durant des siècles, les défenseurs
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(le la foi, succombaient dans les plaines de Moliàcs. La nation elle-même faillit périr, et elle dut subir un outrage inconnu jusqu'alors, elle vit l'ennemi, le Musulman, prendre pied sur son sol.
Depuis, des siècles ont passé, les générations se sont succédé, inébranlablement attachées à la foi de leurs ancêtres, immuablement confiantes en la Providence ; l'espoir des Magyars n'a pas été déçu, après des vicissitudes comme peu de nations en ont subi, après des catastrophes rares dans l'histoire des peuples, ils se sont relevés el le siècle qui vient de finir, s'est clos sur leur renaissance.
Paris, le 25 mars 1901, en la fête de rAnnonciation.
SAIiNTE ELISABETH DE HONGRIE