‹ Sainte Elisabeth de HongrieChapitre 37 sur 58 · Césaiie de Heisterbach mentionne lui-même ce fait · texte numérisé non relu

Césaiie de Heisterbach mentionne lui-même ce fait

Thuriuge de lixer, par des dispositions testamentaires, l'avenir de l'Iiùpital qu'elle avait fondé, aussi, peu de temps après sa mort, des religieux établis près de Marbourg, les IIos{)itaIiers de Saint-Jean de Jérusalem voulurent-ils faire valoir sur l'hôpital Saint-François « des droits qu'ils disaient tenir de la duchesse elle-même ». Les Franciscains prolestèrent et les deux landgraves Henri et Conrad s'adressèrent au pape en faisant valoir leurs droits sur les terrains oii s'élevait l'hôpital; ils s'exprimaient avec dédain sur leur défunte belle-sœur, sans cependant oser rien entreprendre contre l'hôpital; au contraire, ils parlaient de lui faire quelques dons et, ajoutaient-ils, non sans orgueil, de lui donner une base assurant son existence'. Le pape chargea quelques ecclésiastiques du chapitre de Spire de régler ce difterend ; ils désignèrent Conrad comme arbitre, et obligèrent les Hospitaliers de Saint-Jean à se soumettre au jugement que rendrait magister Conrad. Le choix de l'arbitre était assez étrange, car Conrad, pour plus d'une raison, devait tenir à ne pas laisser un Ordre plus important que celui des Franciscains devenir maître de l'hôpital Saint-François. Ce fut aussi ce qui arriva, car, par une décision du 2 août 1232 2, magister Conrad

4. Mielke, Zur Biographie der heiligen Elisabeth, p. 9. 2. Heusinger, Geschichte des Hospitals sanct Elisabeth in Marbury, p. 10.

attribua l'hôpital aux Franciscains. Rome approuva sans doute ce jugement, car, par un bref, du 12 octobre 1232, Grégoire IX accordait une indulgence de quarante jours à tous les visiteurs de la chapelle de l'hôpital; de plus, Conrad était nommé protecteur de la fondation et avait le droit d'appliquer les censures de l'Eglise à ceux qui lui feraient opposition ^

Ces contestations n'avaient pas fait perdre de vue au nouveau protecteur de l'hôpital le projet de la glorification d'Elisabeth ; durant la semaine sainte de l'année 1232, il se fit dresser une chaire devant l'hôpital et prêcha ainsi en plein air à la foule immense, accourue au tombeau vénéré 2,

Le jour de la Saint-Laurent (10 août), l'archevêque de Mayence, Sigefroy III, se rendit h Marbourgpour consacrer les deux autels établis sur le désir d'Elisabeth, dans la chapelle de Saint-François; Conrad profita de cette occasion pour tenir à la foule que cette cérémonie avait attirée un discours oii une fois son éloquence trouva le chemin ducœar de ses auditeurs. Il demandait à tous ceux qui avaient été soulagés ou guéris, à tous ceux qui avaient reçu une grâce par l'intercession de la défunte duchesse, d'aller le déclarer le lendemain à l'archevêque. L'archevêque Sigefroy, de Mayence, les religieux Arnsbourg et Bildhausen,

i. Mielke, Zur Biographie der heiligen Elisabeth, p. 10. 2. Kaltner, Konrad von Marbiirg, p. 122.

MUHT ET CÂ^0N18ÂT10N DE SAIM'E ELISABETH 233

do l'Ordre de Cileaux; les religieux Rommersdorf, d'Arnstein et de Koppel, de l'Ordre des Préniontrés, magister Conrad et d'autres prélats, formèrent une commission qui entendit de nombreuses dépositions, et les consigna en un rapport qui concluait en demandant l'admission d'Elisa- Ijeth, duchesse de Tlmringe, parmi les saints que l'Eglise honore.

Conrad s'était épris de ce beau projet, il y voyait non seulement la gloire éternelle de sa douce pénitente, mais aussi un moyen de combattre l'hérésie ^ Les miracles qui se produisaient sur sa tombe lui semblaient autant de preuves providentielles à opposer aux arguments des hérésiarques et il fit prévaloir ce point de vue dans son rapport.

Ce travail est connu sous le nom de Relatio aiithentica miracidorum- \ il comprend le récit de cinquante-huit miracles dont quelques-uns se produisirent en faveur d'habitants de Marbourg; dans certains cas, Conrad déclare en avoir été le témoin, mais pour d'autres miracles, les noms sont absents et les témoignages, vagues. Aussi Grégoire, toujours prudent et sage comme l'Eglise l'ordonne en ces matières, ne put se contenter de ce rapport qui paraissait rédigé trop hâtivement.

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