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2. Après la prise d'Ef^er, par les Turcs, en 1596, févêque et le chapitre se réfugièrent à Kassa et obtinrent rlu Conseil Aulique un arrêté en vertu duquel l'église Sainte-Elisabeth, depuis cinquante ans au pouvoir des protestants, serait restituée aux catiioliqucs. (Majidtli : Geschichte der Magxjaren, t. Ili ; Janssen, l'Allemagne, t. V, § XX). Cette cathédrale a été complètement restaurée en 1896, et, en 1906, on y transfi.^ra les cendres de François Rdkôczi II, l'allié de Louis XIV, et d'Hélène Zrinyi, sa mère, restées jusqu'alors sous la garde des Lazaristes, à Constantinople.
à l'église Sainte-Elisabeth de nombreux dons, parmi lesquels on remarquait un tabernacle d'une grande valeur.
En confiant deux de ses filles à la paix du cloître, la duchesse de Thuringe leur avait assure un avenir calme et heureux. Sophie la Jeune devint abbesse du monastère de Kitzingen et y mourut, après avoir, dans la mesure de ses moyens, imité les vertus de sa sainte mère. Gertrude devint, en 1249, abbesse du couvent d'Aldenberg, oii elle avait été élevée, elle y mourut le 13 août 1297; les chroniqueurs relatent sa générosité rappelant celle de sa mère et aussi sa grande fermeté. A Aldenberg, on conserva longtemps quelques objets ayant appartenu à Gertrude et quelques reliques provenant de sainte Elisabeth. Le pape ClémentlV, à la demande de l'empereur Louis de Bavière, accorda à Gertrude le titre de « bienheureuse ».
Intelligent et énergique, le jeune duc Hermann avait pu, à l'âge de seize ans, prendre possession de l'héritage de son père que le landgrave Henri dut lui remettre. Son règne fut de courte durée. On sait que le jeune landgrave vint en France et fut accueilli avec autant d'empressement que de respect à la cour du roi Louis IX; on pense qu'il venait s'entretenir avec le roi de France en vue d'une nouvelle croisade. La reine Blanche de Cas-
tille, en souvenir des baisers que sainte Elisabeth avait déposés sur le front de son fils, baisa au iront le jeune gentilhomme.
Ayant épousé Hélène, fille du duc Olhon de Brunswick, le landgrave Hermann tourna toute son activité vers le bien ; il éleva Marbourg au rang de ville, il introduisit dans la Hesse quelques réformes qui avaient pour but d'améliorer le sort des malheureux et de soustraire le peuple à la tyrannie des seigneurs. S'attira-t-il ainsi l'animosité de ces derniers ou bien, son oncle, voulant ressaisir le pouvoir, fut-il le seul instigateur du forfait, on ne sait, mais il reste établi que le jeune landgrave Hermann mourut subitement après avoir absorbé un rafraîchissement otfert par une dame du palais, Berthe de Seebach. U avait alors dixneuf ans et ne laissait pas de postérité; il rendit le dernier soupir en 1241, au château de Kreuzbourg, là même oii il était né.
La sœur de l'infortuné Hermann, Sophie l'Aînée, eut une existence fort longue, mais aussi fort tourmentée. Elle avait épousé le duc de Brabant, Henri le Magnanime. Le landgrave Henri Raspon qui, à la mort de son neveu Hermann, avait repris possession du gouvernement delaThuringe, avait vu son autorité grandir et fut même élu roi des Romains, à la diète tenue à Francfort, en 1246 ; mais il mourut bientôt après, le 17 février 1247, et ne laissa pas d'enfant quoiqu'il eût été marié trois
fois*. La duchesse Sophie restait seule héritière, elle fit valoir ses droits et ceux de son fils, Henri, dit l'Enfant, âgé de quelques années seulement. La Hesse reconnut ses droits ; mais, en Thuringe, elle rencontra une vive opposition; le fils de Guta, Henri, margrave de Misnie, revendiquait la succession de son oncle Henri Raspon. Il s'empara d'une partie de la Thuringe et se fixa à la Wartbourg. Les habitants d'Eisenach se déclaraient favorables à la fille de sainte Elisabeth ; cependant, quand elle se présenta devant la porte Saint-George pour pénétrer dans la ville, elle la trouva fermée. Ne recevant pas de réponse à ses sommations, elle emprunta une hache d'un homme d'armes et donna dans la porte un coup si vigoureux que, deux cents ans plus tard, dit la tradition, la trace s'en voyait encore dans le chêne. Quoique soutenue par le duc Albert de Brunswick, Sophie ne put faire prévaloir ses droits et dut renoncer à la Thuringe ; par contre, ses droits sur la Hesse furent reconnus et sa succession assurée à son fils Henri. Elle administra le duché avec sagesse et prévoyance et, lorsqu'elle mourut, en 1284, elle laissa à son fils un Etat florissant. Elle
1. II avait exprimé le désir d'être inhumé au monastère de Reinhardsbrunn; mais, lorsque le cortège funèbre quitta la Wartbourg, dit A. Stolz, un orage épouvantable éclata, et l'on fut obligé de déposer le corps au cimetière de Sainte Catherine où on le laissa.
fut inlmmée dans r(5glise Sainte-Elisabeth, auprès de sa mère'. Son fils, qui avait fixé sa résidence à Cassel, mourut en 1308. C'est par lui que se rattachent à sainte Elisabeth presque toutes les familles régnantes de l'Europe qui revendiquent, avec une légitime fierté, l'honneur de descendre d'une des plus nobles femmes du moyen âge.
Sainte Elisabeth n'a pas fondé d'ordre religieux^, mais son esprit anime un grand nombre de religieuses qui se sont placées sous son patronage pour se consacrer aux soins des malades et des pauvres. Le nom de sainte Elisabeth est inséparable d'héroïque charité et de dévoûment sublime, l'éclat dont il brille, à travers le monde, ne se ternira jamais, car il est fait d'un rayon divin éclairant une belle âme.
i. Sur son sarcophage, elle est représentée avec son fils, sous les traits d'un enfant, apparemment pour rappeler son amour maternel et l"ardeur avec laquelle elle défendit les droits de son fils.
2. En Allemagne, les religieuses qui se consacrent aux pauvres et aux malades sont désignées sous le nom d'Elisabethcrinnen.
Le village situé sur les bords de la Lahn et dans lequel, en 1.228, la duchesse de Thuringe n'avait pu, malgré la modestie de ses désirs, trouver un abri, voyait, moins de dix ans plus tard, le puissant empereur d'Allemagne, au milieu d une cour de princes et d'évêques, s'y arrêter en grande pompe ; peu après, un château se dressait sur la colline qui dominait Marbourg, élevé au rang de ville et entouré de murailles par le jeune landgrave Hermann. En 1248, Marbourg pourvu de tours et de remparts, devenait la résidence des landgraves de Hesse et semblait être, tout à coup, « le centre de l'Allemagne ^ ».
Des villages voisins, de la Hesse, de toute l'Allemagne, de la Hongrie, les pèlerins toujours plus nombreux, se rendaient à Marbourg^, attirés, les