Kaltner, Konrad von Marburq, p
2. Une des grandes routes qu'ils suivaient alors porte encore maintenant le nom de Pilgrimsweg.
uns par la plus pure vénération pour la sainte, les autres par les grâces miraculeuses que les âmes ferventes étaient toujours certaines de trouver au tombeau de sainte Elisabeth. Les landgraves tenaient en grande considération leur aïeule ; ils aimaient aussi à reposer auprès de son tombeau, et, s'ils mourraient ailleurs, leurs corps étaient ramenés à Marbourg^
A la fm du xv' siècle, Guillaume II faisait frapper des monnaies à l'effigie de sainte Elisabeth.
Aucune ville, par rapport à sa population, ne comptait autant d'églises, d'hôpitaux, de couvents, de chapelles que Marbourg. L'hôpital Saint-François, fondé par sainte Elisabeth, devenu, dès 1234, la propriété de l'Ordre teutonique, avait prospéré et les chevaliers, qui avaient fortifié leurs vastes domaines, étaient devenus tout-puissants enHesse.
En 1247, ils s'étaient soustraits à la juridiction de l'archevêque et ne relevaient plus que du pape^. Dans les assemblées des Etats de la Hesse, le commandeur de l'Ordre occupait la première place parmi les prélats et les chevaliers; de plus, il jouissait de toute la bienveillance des landgraves. Ce fut ainsi que le 13 novembre 1504, le comman-
1. « Gen Marburg reilen », était devenu proverbial daus la famille de Hesse et voulait dire que l'on s'attendait à une mort prochaine.
2. Kolbe [Die Einfûhrung der Reformation in Marburg) dit que les Dominicains et les Franciscains de Marbourg ne relevaient également que du Saint-Siège.
deur Dietrich de Gleen tint sur les fonts baptismaux le prince Philippe de Hesse, né au cliâteau de MarLourg et fit partie, pendant sa minorité, du conseil de régence.
Lorsque, par un décret du 24 avril 1809, Napoléon I" supprima l'Ordre leutonique, dans les pays du Rhin, et considéra ses biens comme appartenant à l'État, rhùpilal Sainle-Elisabelh, l'un des plus anciens et des plus riches de toute l'Allemagne, perdit son autonomie.
Dès l'année 1265, le Supérieur de l'Ordre teutonique nommait un huitième prêtre destiné à dire des messes pour les ancêtres de la famille ducale de Hesse, « en reconnaissance des bienfaits dont ils comblaient leurs descendants ».
Outre cet Ordre, il y avait, à Marbourg, des Franciscains qui, au temps de sainte Elisabeth, desservaient la chapelle et l'hôpilal, et qui, après avoir été dépossédés, par l'Ordre teutonique, de l'hôpital, avaient construit un couvent dont dépendait la Sûsternhaus ou Maison de Nazareth habitée par des religieuses. Elles se consacraient aux soins des malades du dehors, elles filaient et préparaient les objets nécessaires au culte, tels que nappes, cierges, etc.
Les Dominicains qui s'adonnaient à la prédication s'étaient fixés à Marbourg en 1290; mais ce fut seulement vers 1475 que les Kogelherrn^ s'y
i. Ainsi nommés à cause de la forme de leurs coiffures.
établirent. Ils vivaient en commun, mais sans prononcer de vœux monastiques, ils partageaient leur temps entre la prière et la copie des manuscrits.
Tous ces couvents possédaient des cimetières particuliers et, auprès de l'église Sainte-Elisabeth, le cimetière Saint-Michel avait été fondé pour les étrangers qui mouraient à Marbourg.
Outre les ordres religieux, Marbourg comptait encore de nombreuses associations pieuses i, possédant en propre des biens et des revenus ; dans les églises, elles avaient des autels particuliers, surmontés de tableaux représentant leurs patrons, elles avaient également des ornements sacerdotaux
1. La confrérie de Saint-Juste relevant de l'église des Franciscains; — la confrérie de Saint-Sévère; — la confrérie de Saint-Sébastien ; — la confrérie de Saint-Kilian, relevant de l'église de ce nom; — la confrérie du Rosaire, séparée en deux branches, l'une se rattachant aux Dominicains, l'autre à l'Ordre teutonique ; cette dernière était la plus importante, car pour prier elle se réunissait au tombeau de sainte Elisabeth; — la confrérie des processions qui dirigeait les processions et les pèlerinages; — la confrérie de Saint-Rupert, partagée en deux branches, l'une dépendant de l'église paroissiale, l'autre des Dominicains; l'hôpilal Saint-Jacques, à Weidenhausen, près Marbourg lui appartenait; — la confrérie des Calendes comptait parmi ses membres des ecclésiastiques et des laïques se réunissant les premiers jours de chaque mois (d'où son nom) pour se livrer en commun à des exercices de piété, surtout à la prière pour les morts; leur principale occupation était l'étude des sciences.
que les prêtres revêtaient pour célébrer leurs fêtes particulières.
Le nombre des églises n'était pas moins grand; à côté de l'humble église Saint-Kilian, rédificc religieux le plus ancien de Marbourg et remontant à la seconde moitié du xii" siècle, d'autres églises et chapelles avaient été édifiées : la cathédrale de Sainte-Elisabeth, l'église des Franciscains, la chapelle de la Firmaney, fondée par sainte Elisabeth, la chapelle Saint-Michel, la chapelle du château, commencée vers 1250, l'église Sainte-Marie ou de « Notre chère Dame » dont le chœur avait été consacré le 1" mai 1297, mais la nef terminée seulement en 1356^ ; la chapelle des Dominicains^; la chapelle de la Sainte-Croix, chapelle double dont la partie supérieure communiquait avec la salle de réunion du Conseil de la Ville; la chapelle des Infirmes, consacrée à saint Juste, à l'extérieur de cette chapelle se trouvait une chaire d'oii, le lundi de Pâques et le lundi de la Pentecôte, on prêchaitau peuple réuni dans le cimetière attenant à cette chapelle *. Il y avait encore quelques autres chapelles appartenant à des confréries; des crucifix avec des images de saints
1. Est devenue, après la Réforme, l'église luthérienne de la ville.