‹ Sainte Elisabeth de HongrieChapitre 50 sur 58 · Kolbe, Die Einfûhrung, p · texte numérisé non relu

Kolbe, Die Einfûhrung, p

primées ainsi que la vénération des saints et des reliques, tant à l'église Notre-Dame, que dans les couvents, et la commission « autorisa les moines et les religieuses à rentrer dans le monde ». Le 17 décembre, il fut interdit au maître d'école et à la maîtrise qu'il dirigeait do chanter le Salve R('(jma, le samedi. Peu après, Philippe s'emparait de la maison des Kogelherrn, du couvent des Dominicains, puis de celui des Franciscains qui avaient courageusement lutté et qui ne quittèrent Marbourg qu'au mois de mai 1528.

Le curé de l'église paroissiale, Juste Weynand, originaire de Marbourg, s'opposa avec énergie à l'introduction de deux « prédicateurs » dans son église ; mais Philippe ne souffrait pas la résistance et il obligea Daniel de Lanerbach à lui remettre les registres de l'église. Cependant l'introduction complète du culte protestant n'eut lieu qu'en 1527, vraisemblablement le dimanche de Quasimodo*. Pour régler l'emploi des biens confisqués ou enlevés aux églises et aux couvents, Philippe convoqua une assemblée qui assura une retraite aux religieux spoliés, en leur permettant de se retirer dans la maison des Kogelherrn « oii ils pourraient

1. Une ordonnance fut imprimée à cet effet, elle était précédée d'une introduction de Luther et son titre était : Chrislliche Ordnung, wie es zu Marpurg in He^sen mit Tauffen, Sacramentreichen und mit Beten nach der Prediyt gehalten wird. II. LeucMer, Antiqua Hessorum fides, cité par Kolbe, p. 48. .

266 SAINTE ÊLlSAi3ETH DE tlONGRIE

en même temps étudier et entendre la parole de Dieu » ; les bâtiments et les revenus furent eli partie attribués h « l'Université fondée pour la consolidation de l'œuvre de la Réforme* ».

Quelques jours plus tard (21 octobre 1527) Philippe, par une nouvelle ordonnance, prescrivait à tous les prêtres d'avoir à faire disparaître « les idoles qui se trouvaient dan& les presbytères, chapelles, couvents, oratoires, ermitages, etc., pour qu'elles ne revinssent jatnais au jour ». Ces prescriptions ne manquèrent pas d'exécuteurs, recrutés parmi les populations des environs que les (( prédicateurs » avaient excitées et qui trouvaient à satisfaire leurs instincts violents, en pillant et en saccageant ce qu'elles avaient respecté jusqu'alors.

On arracha même les autels des églises : ceux de Saint-Kilian furent employés à la restauration de la fontaine du Marché, d'autres parties servirent à l'Hôtel de Ville, la chapelle de la Croix, sur le Lahnberg, au-dessus de la fontaine de Sainte- Elisabeth, subit le même sort, ses pierres entrèrent

1. La maison et l'église des Kogelherrn furent attribuées aux étudiants en théologie; le landgrave donna, avec droit de succession (Justi : hess. Denkwiirdigkeiten), la maison en pieries, située près de la maison des Kogelherrn à Adam Kraft, en reconnaissance de sou zèle pour la Réforme. Le couvent des Dominicains fut attribué aux étudiants en droit; et celui des Franciscains, aux étudiants en médecine. Un autre bâtiment appartenant aux Franciscains fut attribué à la ville de Marbourg.

LA RÉFOHim ET 8A1NTC ÉLISAUETH 267

(JuQS la conslluclioii do l'IIôtol de Villu, otlou peut dire que de()ai8 des siècles Marbourg qui n'a plus qu'une t'glise calholique n'en repose pas moins sur des pierres bénites et sanctifiées par la prière.

Les confréries n'avaient pas été oubliées, et le sort de leurs biens donna lieu à quelques discussions. Certains conseillers voulaient les appliquer aux dépenses de l'armée; d'autres proposaient de les attribuôr aux pauvres, mais avant même qu'une décision fût prise, inventaire avait été dressé par le bourgmestre de tout ce qu'elles possédaient, et quelques jours plus tard, la confiscation avait lieu en présence des autorités.

Quand la Réforme eut été introduite de cette façon dans les églises, dans les couvents, dans les écoles et même dans le domaine de la charité, il ne resta plus à Marbourg qu'un refuge pour la foi, c'était l'église de Sainle-Elisabeth, vaillamment défendue par les chevaliers de l'Ordre tetitonique relevant directement de l'empire. Cependant, dès 152*7, Philippe avait fait Une tentative contre l'Ordre en nommant son oncle, Guillaume de liesse, baron de Latidspurg, admiiiistrateur et feUtveillant dôs biens de l'Ordre^ mais sur la menace du grandmaitre d'en appeler à l'empereur, Philippe revint sur sa décision 2,

1. Kolbe, Die Einfûhrung. — fleusinger, Geschichte des Hospitals.

Page 1