‹ Sainte Elisabeth de HongrieChapitre 8 sur 58 · Szilâgyi, A magyar nemzet tôrténete, t. II, p · texte numérisé non relu

Szilâgyi, A magyar nemzet tôrténete, t. II, p

2. La tradition attribue à Louis le Salien, fondateur du monastère de Reinhardsbrunn, la conslruclion du château qui couronne le sommet du Wartberg. Un jour que Louis le Salien, parti de Schauenburg, chassait avec un de ses compagnons, il arriva au sommet de la colline et, enthousiasmé du beau spectacle que la nature offrait à ses yeux, il résolut de se fixer dans ce site enchanteur et s'écria : « Wart, Berg, dusoUst mir eine Burg werdenl » La construc^tion fut immédiatement entreprise et la Warlbourg devint la résidence des landgraves jusqu'en 1440, époque à laquelle s'éteignit, avec Frédéric ill, la famille de Thuringe.

ENFANCE ET FIANÇAILLES lli

en l'appelant sa fille ; la duchesse Sophie décida de passer la nuit auprès de la petite Elisabeth, et ce fut le lendemain matin que le cortège se mit en route pour le château.

Lentement la file des voitures chemina à travers la longue route qui relie Eisenach h la Wartbourg ; à droite, à gauche, partout des sapins à l'aspect rigide, triste, et enfin, au sommet du Wartberg, un sombre château féodal, masse de pierres grises, ressemblant à une forteresse; aujourd'hui encore, les canons, sur lesquels veillent des soldats, lui conservent cet air morne et inhospitalier.

La vue de cette rébarbative demeure dut faire une impression douloureuse h. l'enfant magyare, élevée jusque-là dans ce vaste et clair château de Presbourg, d'où la vue s'étend au loin sur les eaux majestueuses du Danube, coulant entre des rives a la végétation luxuriante.

Les nobles et quelques habitants d'Eisenach furent invités à venir à la Wartbourg contempler l'enfant que « Dieu et le roi de Hongrie » donnaient à la Thuriuge ; les fiançailles d'Elisabeth et du fils aîné du landgrave, le jeune Hermann, firent célébrées avec pompe, le prêtre les bénit

En 1867, à l'occasion du 800» anniversaire de la fondation de la Wartbourg, le grand-duc régnant fit exécuter en présence de nombreux invités, dans la salie des Chevaliers, lOratorio de sainte Elisabeth, de F. Lisit.

et, sans doute, unit les petites mains des jeunes fiancés sous l'étole, comme l'usage en existait en Hongrie. Des réjouissances eurent lieu, puis bientôt, la vie reprit son cours normal.

Satisfait de voir réalisé un désir qui lui tenait beaucoup à cœur, le landgrave voulut rendre le séjour de sa cour agréable à l'enfant qui devait un jour y régner : il choisit, parmi les enfants des familles nobles, six fillettes de son âge et leur adjoignant sa propre fille Agnès, il les donna comme compagnes de jeux à la petite fiancée. Parmi ces enfants se trouvait Guta, d'un an plus âgée qu'Elisabeth, et qui ne la quitta plus guère pendant le cours de sa vie. C'est au souvenir qu'elle avait gardé de ses premiers rapports avec la douce enfant que l'on doit le récit de ces traits touchants et naïfs qui marquèrent les premières années de son séjour en Allemagne.

Ami des lettres et des arts, Hermann décida que la fiancée de son fils recevrait une instruction aussi complète que le comportait son rang.

Pendant cette période du moyen âge qui est aussi l'époque de la Chevalerie, l'instruction des femmes n'était pas tout à fait aussi négligée que l'on pourrait le supposer. Plus instruites que les hommes jusqu'à la fin du moyen âge', elles disputèrent avec eux la primauté de l'érudition que

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