‹ Sainte GenevièveChapitre 35 sur 36 · I. Mémoires du général Troc/iu, t. I, p. 5o · texte numérisé non relu

I. Mémoires du général Troc/iu, t. I, p. 5o

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faite due à Timpuissance de Thomme, que le salut assuré par l'intervention d'une sainte.

Pourquoi aujourd'hui encore se trouve- t-il des Français catholiques qui se font les complices inconscients de cette rupture avec les traditions nationales ? Et qui donc leur a notifié que Dieu a retiré son crédit à sainte Geneviève, que l'ancienne protectrice de la patrie est maintenant déchue àe son rôle tutélaire, que Dieu, dont pourtant o les dons sont sans repen tance », est revenu sur ses desseins primitifs, et a assigné à la France des protecteurs mieux écoutés et plus puissants ?

Le siècle qui se termine n^a pas eu à se louer de son ingratitude envers sainte Geneviève. Puisse le siècle nouveau revenir aux grandes traditions du passé ! Puisse-t-on se rappeler enfin qu'il y a là-haut, auprès du Christ qui aime les Francs, auprès de la Vierge Marie qui est leur reine, une Patronne de Paris et de la France, qui marche à la tête de tous les saints qui ont illustré notre pays et le protègent.

Dans notre capitale des centaines de statues ont été dressées à des célébrités de tout ordre. Geneviève n'a point la sienne*, elle à qui la cité est redevable de si longs et de si mémorables services. Paris s'honorerait en lui donnant la place qu'elle mérite, en amont de cette île qu'elle a consacrée par soixante-dix ans

I. Elle n*a pas même d'église qui lui soit exclusiTement consacrée.

de séjour, au clievet de Notre-Dame, à cette pointe qui divise les eaux de la Seine en deux courants et qu'attriste le misérable réduit où viennent échouer toutes les épaves des accidents et des crimes de la capitale. C'est la qu'il serait beau de voir Geneviève, debout dans sa virginale et maternelle majesté, telle qu'un grand artiste Ta représentée veillant la nuit sur Paris endormi. Elle occuperait l'emplacement même où sa châsse fut apportée pendant le siège de 886, et où les Parisiens, confiants en sa protection, repoussèrent avec tant de vaillance les assauts des Normands. Elle serait à l'arrière d'un vaisseau, tenant en main la barre du gouvernail et présidant encore à la glorieuse marche en avant de la cité qui a pris pour devise : Fluctuât nec mergitur, a toujours ballotté, jamais submergé ».

Fluctuât, c'est toute l'histoire de Paris. Nec mer^ gitur, pourquoi, sinon parce que sainte Geneviève veille toujours sur le navire ?

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