‹ Sainte IrénéeChapitre 124 sur 174 · LE SALUT DE LA CHAIR · texte numérisé non relu

LE SALUT DE LA CHAIR

Dieu lui-même. Grâce à TEucharistie, la vie divine se développe chez tous les hommes dès cette terre, d^une manière parfaitement réelle ; c'est le sceau divin de l'œuvre de restauration accomplie par le Verbe.

La foi de saint Irénée qui associe et combine dans une unité vivante tous ces éléments divers et aflSrme avec tant de force et enseigne avec tant de profondeur la doctrine de la déification de rhomme par Tincamation de Dieu se couronne et s'achève par une théorie merveilleuse des fins, dernières de l'homme ; si l'Eglise en a modifié quelques détails, elle en a soigneusement gardé la substance.

Les Gnostiques enseignaient le plus souvent que la matière était le siège, l'essence même du mal ; et c'est pourquoi ils ne voulaient pas que Jésus eût revêtu un corps véritable, et c'est pourquoi ils proscrivaient le mariage, et c'est pourquoi ils rejetaient la résurrection des corps, et c'est pourquoi, sans doute, ils posaient deux dieux ennemis : de fait, leur cosmologie est-elle autre chose que la traduction métaphysique d'une psychologie enfantine ? Blessé dans sa foi biblique en la résurrection des corps, Irénée est blessé surtout dans sa foi chrétienne : puisque le Verbe a pris notre chair, c'est donc que notre chair est, si j'ose ainsi dire, capable de Dieu. Irénée enseigne la glorification du corps matériel.

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LE MILLÉNARISME. 147

Sans doute, il prétend que le grand jugement sera précédé d'une résurrection partielle réservée aux justes, et que ceux-ci passeront mille ans k Jérusalem dans l'abondance de tous les biens ^ Marchant sur les traces de saint Justin, il appuie sa théorie millénariste sur l'Écriture, et « non content d'employer à cette fin les descriptions prophétiques d'Isaïe(65. 17), il invoque Jérémie, Ezéchiel, Daniel ; il ose même appeler au secours certaines paroles du Sauveur, notamment la promesse centuplum accipet in hoc saeculo ' » .

A la suite d'Eusèbe *, les chrétiens croient qu'il s'est trompé et que la nouvelle Jérusalem dont parle Isaïe n'est autre que l'Eglise. Mais ils ont retenu l'idée sous-jacente au millénarisme, et croient, à la suite d'Irénée, à la résurrection des corps.

Puisque le Verbe a pris le corps et l'âme d'un homme, le corps et l'âme de l'homme seront également sauvés*. La résurrection du corps de Jésus- Christ et celle de Lazare confirment par des faits

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