‹ Sainte IrénéeChapitre 144 sur 174 · DE LA LIBERTÉ · texte numérisé non relu

DE LA LIBERTÉ

nous nous développions peu à peu et que nous mûrissions lentement pour la vie éternelle * !

I. IV, 38, tout entier (iioÔ-iiog). Irënée afGrme avec une égale vigueur la nécessité de la grâce et la réalité du libre arbitre. Mais quel est le rôle de chacune de ces deux forces ? Il semble qu'il ait attribué à Thomme le rôle décisif : c'est parce qu'il prévoit ce que nous ferons que Dieu nous prédestine ; lY, 39, 4 (m^) • << Deus autem omnia praesciens, utrisque aptas praeparavit habitationes... »; IV, 36, 6 (1096); « gratuito quidem donat in quos oportet, secundum autem meritum dignissime distribuit... justissimus retributor ; Ily 34? 3 (836) : » de salvando homine sic aït : TÎtam petiit a te et tribuisti... » Au vrai, ce n'est pas sur ces problèmes que s'arrêtait de préférence la pensée de saint Irénée. Et puis, la prédestination à la gloire post praevisa mérita empêche-t-elle que la prédestination à la grâce soit un don de pure miséricorde ?

L'attitude d'Irénée ne lui est pas particulière : dès ce temps, les Chrétiens tenaient très fort à l'idée de liberté. [Cf. Tatien : Discours aux Grecs. Recherches ..., par A, Puech, p. 66 et 44.]

Toutes ces théories irénéennes de Dieu et de l'homme manquent quelque peu d'ampleur et de force; tandis que la doctrine du Dieu-Homme est très riche en même temps que très profonde. On voit bien que celle-ci, non celles-là, faisait l'objet habituel de ses pensées. — Origène enrichira les unes, saint Athanase sauvera l'autre. Cf. infra.

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