PREUVES
peines et les récompenses, les éloges et les blâmes que distribuent les hommes : qui donc mériterait le blâme ou Téloge si c'était sa nature propre qui lui faisait faire le bien ou le mal^? La liberté est postulée encore par les ordres que nous donne et les défenses que nous fait Dieu : « S'il ne dépendait pas de nous de faire ou de ne pas faire, pourquoi donc r Apôtre, et surtout pourquoi Dieu nous conseillait-il de faire certaines choses et de nous abstenir de certaines autres^? » La liberté est exigée enfin par la notion même de la vie étemelle: tout le prix de cette vie divine tient à ce qu'elle ne nous est pas imposée, à ce qu'elle ne dérive pas de notre nature ou d'un mystérieux décret, à ce que nous en sommes par nous-mêmes les artisans : quelle joie n'aurons-nous pas à communier avec Dieu si nous avons peiné pour y atteindre' ?
L'homme, du reste, ne pouvait pas, du premier coup, être élevé à la vie divine; le créé ne pouvait pas, tout d^un coup, monter à la hauteur du Créateur incréé : si Dieu le pouvait vouloir, l'homme ne le pouvait faire ! Notre Seigneur est venu sur terre, non tel qu'il pouvait venir, mais tel que nous le pouvions voir. C'est notre nature créée qui veut que