VICTOR ET CALLISTE
ques [de la prescription). Bientôt il accuse les chefs d'églises, il rompt avec eux, il fonde une secte [contre Praxéas). L'histoire de ses dernières années est très obscure, mais il ne semble pas que, comme saint Hippolyte, il se soit réconcilié avec ses anciens amis.
L'église de Rome, au même moment, exerce sur le Christianisme une influence aussi personnelle. Les papes qui se succèdent à sa tête, saint Victor (189-199), saint Zéphyrin (199-217), saint Calliste (217-222), ne nous sont pas très connus : on peut croire néanmoins que ce sont plutôt des hommes de gouvernement, énergiques comme saint Victor, ou avisés comme Calliste, que des savants occupés de définitions et dé distinctions. Les chefs de toutes les écoles accourent à Rome et tentent d'y faire accepter leurs théories. Les papes gardent leur sang-froid au milieu de cette effervescence : ils ont hérité de la foi dlrénée*, de sa méfiance à Fendroit de la spéculation, de son esprit positif et traditionnel. Leur sagesse prudente « confirme » opportunément la foi des chrétiens et guide heureusement vers la haute mer la barque de Pierre. La papauté fait avec eux son entrée dans l'histoire.
Voici justement qu'est compromise l'idée-mère du Christianisme, telle que l'a exposée saint
I. Saint Irënëe était personnellement très bien connu dans les milieux romains : son livre y fut sans doute plus étudie qu'ailleurs.
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180 LA QUESTION MONARCHIENNE.
Irénée, Tidée de riDcarnation. Homme-Dîeu, Jésus-Christ peut être méconnu de deux diverses manières. Les uns nient qu'il est Dieu, les autres nient qu'il est homme; les papes, Hippolyte et Tertullien réfutent Terreur de ceux-ci et l'erreur de ceux-là en affirmant à Tencontre, dans sa forme irénéenne, la foi traditionnelle. Les deux Théodote enseignent que Jésus n'est qu'un homme ; le pape Victor ("{"ipg) excommunie Théodote le corroyeur, auteur de cette affirmation hérétique et saint Hippolyte, recourant à l'Écriture comme en semblable occurrence* a fait saint Irénée, démontre par l'Écriture la divinité de Jésus. — Noetos, Praxéas et Cléomène, identifiant le Fils avec le Père et supprimant la personnalité de l'Esprit, enseignent que Jésus est le Dieu suprême, tout un, temporairement incarné '. Saint Hippolyte reprend la plume, et, d'un style nerveux, il réfute Noetos. Pareillement, lorsque Praxéas quitte Rome pour l'Afrique, Tertullien se dresse devant lui, et, non content de montrer la distinction du Père et du Fils, approfondit la doctrine de la seconde Personne et défend le concept de la Trinité. Zéphyrin et Calliste, enfin, affirment simultanément la diversité du Père et du Fils, et l'unité essentielle de Dieu. La grande théorie de saint Irénée est sauve.