‹ Sainte IrénéeChapitre 160 sur 174 · ET SAINT JEAN · texte numérisé non relu

ET SAINT JEAN

part de Tune et de l'autre S qui trouvera une idée qui ne dérive de l'une ou de l'autre. Quoi d'étonnant si l'élève assidu des deux grands écrivains bibliques, si l'héritier et le continuateur de leur pensée a sauvé l'œuvre des Apôtres, vengé l'originalité méconnue du Christianisme, renversé la théologie gnostique, fondé la théologie chrétienne et affermi la naissante christianisation du monde ?

I. A Trai dire, on a Timpression que saint Irënée est plus près de saint Jean que de saint Paul. Son paulinisme ne dérive pas, semble-t-il, de la conscience de son péché, douloureuse et aiguë]; il se ramène à la théorie du nouvel Adam, et cette théorie le séduit surtout parce quelle soude solidement les deux moitiés de la Bible, et donc ruine le Gnosticisme^ Au contraire, le courant propre de la pensée irénéenne la porte naturellement en pleine doctrine johannique : l'identité de Jésus de Nazareth et du Verbe éternel (IV, 5, 2, 984*985), la déification de Thomme par TEsprit de Jésus et du Père (III, 17, 3-4i 93o-93i), la [stricte solidarité de Faction morale et de la foi religieuse (IV, 6, 5, 989), la hante valeur du corps créé par Dieu et revêtu par le Verbe (passim), autant d'idées proprement johanniques et qui semblent propres à saint Irénée. Si son origine asiatique ne nous était pas attestée par les textes, la physionomie de sa doctrine nous conduirait à la conjecturer. [Cf. III, 4> i y 855; 10, 3, 875; II, 879-891; IV, aa, i, 1046 et 38, i, iio5-iio6; V, 18, a, 1173.]

On ne peut rien dire de précis sur les rapports de la théologie d'Irénée et des traditions romaines. Irénée parait les très bien connaître; il a peut-être été plusieurs fois à Rome; son livre est peut-être — on est tenté de dire sans doute — un écho de renseignement donné par Téglise romaine à la seconde moitié du 11" siècle. Mais il serait téméraire de rien affirmer.

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