‹ Sainte IrénéeChapitre 57 sur 174 · Lettre à Florinus (iaa8), icàvxa ffOpiçwva taT; TpaçaTç · texte numérisé non relu

Lettre à Florinus (iaa8), icàvxa ffOpiçwva taT; TpaçaTç

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Mais si c'est un esprit grec, c'est une âme profondément chrétienne. Il y a quelque chose qui le caractérise mieux que son horreur des songe-creux, c'est la profondeur de sa foi; il semble même que, à la différence de saint Justin, il ait sucé cette foi avec le lait. Dieu, le Christ, l'Eglise, il les aime, il y croit de tout son cœur ; l'idée même de disputer avec eux lui semble risible ; et, s'il n'a pas versé son sang pour eux, comme ce Polycarpe dont il a peut-être, de sa main *, copié l'histoire, il était prêt à le répandre avec la même joie que ces autres martyrs dont il a, peut-être aussi, raconté les

Il rejette la légende des presby très sur la mort de Judas Iscariote, bien qu'il en accueille d'autres sur le même personnage : jamais il n'en dit mot, lorsqu'il parle de ce dernier, I, 3, 3 (472). — I, 3i, I (704). — II, ao, 770, sq.

Il rejette la tradition que tout le monde admet, suivant laquelle Moïse et les Prophètes auraient inspiré les philosophes grecs.

Quelles idées l'Hellénisme a-t-il inspirées à saint Irénée ? Il faut distinguer soigneusement, à cet égard, la philosophie aristotélicienne, foncièrement irréligieuse, et la philosophie de l'époque suivante qui est tout imprégnée d'idées religieuses (cf. supra p, a 1-23). A la première, il ne doit peut-être que l'idée d'éducation progressive, dont il a, du reste, si heureusement tiré parti lorsqu'il a rattaché l'Ancien Testament au Nouveau : saint Paul, il est vrai, avait nettement indiqué l'idée. A la seconde, il doit peut-être l'idée qu'il se fait de la bonté de Dieu (de Faye : Clément d* Alexandrie^ p. 223), les grandes lignes de son anthropologie (Cf. infra p. 161), et le sentiment très vif qu'il a de la transcendance absolue de Dieu. Toutes ces idées, du reste, se transforment profondément sous l'influence delà foi d'Irénée.

I. Un appendice du Martyre de Polycarpe a été tiré par Calus 1% Tûv Elpyjvaiou.

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combats % et qui, du moins, Font voulu choisir pour parler en leur nom *. — Celtfe foi profonde, mère de ces vertus qui l'ont fait distinguer des Lyonnais, suscite en lui, lorsqu'il est devenu ëvù* que, un sentiment très vif de sa responsabilité sacerdotale ; il craint d'être pour quelque chose ^ non par a action d, certes, mais par «omission», dans les pertes que les Gnostiques fout subir h l'Église ; et, s'il se décide à écrire, c'est de peur que, par sa faute, c les brebis soient déchirées par les loups ^ ^> Seulement, cette vigilance que les hérétiques commandent, n'empêche pas leur adversaire de les aimer, comme fera Augustin, et de prier pour eux. € Pour nous, dit-il quelque part, nous prions Dieiu pour qu'ils ne s'ensevelissent pas dans cette fosse qu'ils se sont creusée, qu'ils se séparent de leur Mère, qu'ils sortent de l'Abîme, qu'ils laissent le Vide, abandonnent l'Ombre; afin qu'ils naissent véritablement en se tournant vers l'Eglise de Dieu, qu'ils forment le Christ en eux et connaissent l'Auteur et le Créateur de l'univers, le seul vrai Dieu et Seigneur de toutes choses. Voilà notre prière pour eux; en l'adressant (à Dieu), notie amour leur est plus utile que celui dont ilscroieni se chérir. Notre amour est véritable ; il leur est salutaire, s'ils y répondent; il est semblable nu

I. Il n*est pas impossible que la lettre des Lyonnais ah été rédigée par saint Irénée.

a. Cf. supra p. 49.

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