‹ Sainte Jeanne d'ArcChapitre 16 sur 53 · Ce précieux dessin est conservé aux Archives Nationales · texte numérisé non relu

Ce précieux dessin est conservé aux Archives Nationales

chef et prince tout-puissant, » n'était pas avec elle et qu'au demeurant elle profanait les fêtes de la Vierge, que dès lors ses succès antérieurs avaient été suscités par l'esprit malin, et que plus elle avait été victorieuse, plus elle méritait de passer pour sorcière. Ils turent si joyeux de son échec, et des raisonnements qu'il leur suggéra, qu'ils le commémoreront encore, deux ans plus tard, le 8 septembre 143 1, par une cérémonie d'actions de grâces. De méchants bruits circulaient, d'après lesquels, au moment de l'assaut, on avait entendu Jeanne crier elle-même : « Si vous ne vous rendez, nous entrerons par force et vous serez tous mis à mort sans merci. » Propos diaboliques, concluait-on. Et certaine note consignée par le grand bedeau de la faculté de théologie atteste que vers le 22 septembre 1429 cette faculté faisait transcrire un traité sur le bon esprit et le malin esprit, pour y chercher sans doute, dès ce moment-là, des armes contre Jeanne. Le Vénitien Pancrace Justiniani, se trouvant à Bruges en novembre 1429, avait vent que « l'université de Paris, ou, pour mieux dire, les ennemis du roi, avaient accusé Jeanne auprès du pape ; » et certains religieux disaient à Pancrace : « La Pucellc est une hérétique, et non seulement elle, mais encore ceux qui ont foi en elle. Elle pèche contre la foi en voulant être crue et savoir dire les choses qui doivent advenir1. »

Cette université parisienne qui jadis rayonnait sur la chrétienté comme une messagère de la croyance et du savoir, avouait

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