Siméon Luce. Op. cit., p
3. Noël Valois. Le tape et U le 141 8-145-:» . I. p. 201 Taris, içoq
4. Noël Valois. Histoire de la Pragmatique Sanction de Boi .^.
Le terrain juridique aménagé dès la fin de mai par les universitaires parisiens fut tout de suite celui qu'il adopta : on fit un procès à la foi même de Jeanne. Voici, derrière Cauchon, un vice-inquisiteur, Le Maistre : tardivement convoqué, doutant de sa compétence, ce Frère Prêcheur ne consentit à siéger qu'avec l'autorisation du grand inquisiteur de Paris, et garda toujours une attitude assez passive, « pauvre chien mouillé, battu, effacé dans un coin1. » A côté de ce comparse, qui craignait d'être mis à mort s'il ne procédait pas comme les Anglais voulaient, et qui ne tut malfaisant que par lâcheté, siégeaient, entre autres assesseurs, six docteurs de l'université de Paris, qui furent, eux, malfaisants par système. Entre eux et Cauchon, l'accord était spontané : l'université l'avait, en 1420, officiellement recommandé aux gens de Beauvais comme un « pasteur bon et sage 2, » et depuis 1423 il était le « conservateur des privilèges » de cette illustre corporation.
L'Angleterre, d'ailleurs, sut dénicher trois belles prébendes de chanoines pour trois des universitaires qui assistaient Cauchon. Elle régnait sur le tribunal par la générosité, elle régnait aussi par la peur. Un clerc de Normandie, maître Jean Lohier, ayant contesté la procédure suivie, fut accueilli par de telles colères, que son courage lui fit peur, et il quitta Rouen. Pour un délit du même genre, un maître es arts, Nicolas de Houppeville, fut jeté au cachot et menacé d'être banni, d'être noyé. Un évêque,
1. Mer Touchet. La sainte de la patrie, II, p, 177 (Paris, 1920).