‹ Sainte Jeanne d'ArcChapitre 47 sur 53 · M«r Touchet. La sainte de la Patrie, I, p. lxiv · texte numérisé non relu

M«r Touchet. La sainte de la Patrie, I, p. lxiv

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L'évéque d'Orléans quitta Rome, charge de bons augures. Il y expédiait, en [888, le dossier de la nouvelle enquête que

l'on avait réclamée d'Orléans. Mais Orléans, tout en même temps, sollicitait l'autorisation d'en commencer une troisième, et de taire comparaître devant des juges ecclésiastiques, devant des médecins,

certaines détresses qui, ayant invoqué Jeanne, se réjouissaient d'avoir été soulagées, guéries : Rome permit ce nouveau défilé de témoins, dont beaucoup savaient très peu de chose de la Pucelle, mais croyaient qu'elle leur avait été bonne : après la science, représentée par un Wallon, c'était la souffrance qui venait témoigner. Et de ces deux sortes de dépositions, on ne sait laquelle pour Rome avait le plus de prix.

Hors d'Orléans, la France catholique multipliait les hommages à Jeanne : le monument que dès 1866 le cardinal de Bonnechose projetait d'élever à Rouen était dressé, en 1892, par le cardinal Thomas ' ; l'évêque de Saint-Dié, l'évéque de Verdun, lançaient des appels pour qu'à Domrémy, pour qu'à Vaucouleurs, l'hommage de l'art ratifiât celui de la piété, et lorsque fut posée la première pierre du monument de Vaucouleurs, la voix d'un ministre des cultes s'éleva, pour féliciter l'évéque et pour saluer en Jeanne « l'image brillante et immaculée delà patrie, celle qui incarna la passion de l'indépendance et de la grandeur nationale. » Cette voix était celle de M. Raymond Poincarë*.

Rome en même temps travaillait. Six ans durant, sous le

1. Voir Sarrazin, Jeanne d'Arc et la Normandie au XV° siècle, p. 615-624.

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