‹ Sainte Jeanne-Françoise de ChantalChapitre 17 sur 24 · KE PARTIE · texte numérisé non relu

KE PARTIE

« Ma très-chère Sceur,

« Je loue votre saint désir, quoiqu'il soit à notre désavantage ; mais enfin, quel remède ? Je n'y en sais point ; sinon que de tout ce qui dépendra de moi, vous vous en pouvez assurer et vous y confier comme à un autre vous-même ; ce que je sais qui ne vous sera pas difficile, car vous savez bien que je vous parle du cœur. Or, considérons donc bien ensemble les moyens de vous faire avoir ce béni cœur : voyez-vous mon courage, mon unique Sœur? J'aime si fort cette mère en Dieu, que la bonté de ce divin Maître me donnerait la force, pour sa gloire, d'ouvrir l'endroit du corps où est ce digne cœur, pour l'en tirer et le donner où sa Majesté le veut, et ce nous sera autant de consolations que votre cher monastère l'ait, que si nous en demeurions en pleine possession. Cela me console de ce que vous croyez que je vous le dis de cœur ; envoyezmoi donc le papier, et je vous promets de ménager l'affaire devant Dieu, dans la vraie fidélité que je vous dois, et que notre simple confiance m'oblige : cependant ne nous oubliez point devant Dieu, et croyez que je suis toujours plus.

« Votre très-humble et indigne sœur, et serrante en Motre-Seigneur. « Sœur PéronKe-Marie de CHASTEL.

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