‹ Sainte Marguerite de Cortone. Quatrième éditionChapitre 109 sur 142 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Les saints ne sont pas seulement une lumière pour la génération qui contemple leurs œuvres; après leur mort, leurs exemples brillent encore au firmament de l'Église comme un sillon lumineux qui invite les âmes de bonne volonté à marcher sur leurs traces. Cette pensée trouve une application saisissante dans notre Bienheureuse, qui a été donnée au monde comme la troisième grande lumière de l'Ordre séraphique, et tout spécialement comme le secours et le modèle des pécheurs. Aussi notre étude sur ses vertus serait-elle incomplète, décourageante ou sans profit pour le lecteur, si nous omettions de dire quel en a été le foyer.

Ce qui frappe tout d’abord dans son histoire, c'est un contraste subit, définitif, entre les deux grandes phases de son existence. Dans l'une, elle livre sa jeunesse à toutes les voluptés de la terre; dans l’autre. elle déploie tous les trésors d'un cœur où la pureté ne cède le pas qu'aux plus éxquises tendresses de l'amour, avec une énergie de caractère et une constance dans les affections que les débuts ne pouvaient faire prévoir. Comment expliquer une fermetéquientre si peu dans les habitudes de l’humanité? Ce se-

rait folie de l’attribuer à l’âge, au tempérament,

aux seules forces de la nature. L'homme le:

moins passionné ne trouve pas en lui-même un : idéal assez puissant pour le soustraire long- | temps à l'empire de l'habitude ou aux suggestions de l’égoïsme ; il ne tarde pas à apprendre ;

par des défaites souvent désastreuses, que son :

plus grand ennemi, c'est lui-même. Marguerite, avec l’impétuosité de ses passions, était plus ,

exposée que tout autre à de lamentables défail-

lances. Ce n'est donc pas en elle-même qu'il faut |

re

pour le trouver, nous n'avons pas besoin de nous : livrer à de longues investigations ; il suffit d’in-

terroger la Sainte ; elle-même nous le dévoilera. Le 27 décembre, peut-être dans la même ma-

tinée où Notre-Seigneur l'avait assurée qu'elle était la fille de son Cœur, elle était en prière devant le crucifix miraculeux de l’église Saint- François et se préparait à recevoir le Pain des anges. Tout à coup elle s’écria dans un transport de ferveur : « Courons tous au foyer de l’amour divin (1).» Quel est ce foyer de vie surnaturelle? Nos lecteurs, pour peu qu'ils soient familiarisés avec les doctrines du christianisme, l’ont deviné,

c'est le Tabernacle. Là est l'Éden spirituel dont le paradis terrestre n’était que la figure, l'arbre de vie dont le fruit a la vertu de guérirles âmes,

le palmier qui couvre de son ombrage le désert

de ce monde, la vigne dont le fruit délicieux :

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