BEVEGNATI, C. V, p
| donne un avant-goût des joies de Ia Terre pro-
mise. Là, Celui qui:est la splendeur et l'image consubstantielle du Père, cache sous la blanche hostie son humanité: sainte: et sa divinité, et c'est de là qu'il étend son action sur‘ les peuples d'une façon irrécusable, en y développant la vie
. surnaturelle conférée par: ke baptême, en y
faisant germer des vertus absolument inconnues du paganisnre et qui ne croissent que sous Îles ardeurs dw Soleil eucharistique : l'angélique
| pureté des vierges, le zèle des apôtres, la cons-
. tance des martyrs, L'enfant prodigue, rentré
sous be toit paternel, y' vient, à côté de: la vierge
‘ pure, puiser la force de résister à la voix enchagteresse: du monde ow aux sollicitations. de k
chair. Voilà ce que signifie la touchante im vita-
tion de Marguerite: « Couruns tous au foyer de
i Famour divim. »
! Elle-même en donnait l'exemple: Dès les premiers temps de sa conversion, elle communñait fréquemment; peu de temps.après son ertrée
: dans le Tiers-Ordre, le P. Bevegnati Fautorisa à communier tous les jours. Elle s’y préparaît
| avec un soin extrême, sachant que l'hôte: de nos tabernacles est un: Dieu jaloux et qu'ii ne se plait que parmi les lis. À minuit, elle commen çait cequ'onnous permettra d'appeler la toilette de son âme: elle se: rendhit avant 6 heures: à Seint-François, où elle: restait deux ou trois heures.en oraison, perçant du regard: de la foi les nuages qui lui dérobaïient la vue du Roï immortel des siècles, et se tenant aw seux: du sanC-
tuaïre dans lPattitude suppliante du pauvre à la porte des riches. Puis, lorsque la foule s'était retirée, elle s'avançait, sans voile, la corde. au cou, les yeux baignés de larmes, vers la sainte Table, pour s’y nourrir du froment des élus (x). Après la communion, elle demeurait plongée dans une sorte d’extase, et faïrsait une action de grâces où elle mettaït plus de ferveur encore que de temps, ne pouvant se lasser de contempler, d'adorer et d'aimer l'Amour qui s’anéantit pour se donner à l’homme. La pensée du Taberxacle ne la:quittaït plus de la journée, et rayon: raïit à travers la douce expansion de ses entretiens avec ses compagnes, où l'allégresse des soins qu'elle prodiguait aux infirmes de l'hôpital de la Miséricorde,
e Elle avait faim et soif selon l'énergique expression de:soz historien, de ce mets régénérateur (2) », et courait au Tabernacle, comme le cerf altéré court à la source limpide, lavare à ses trésors, le voluptueux à ses plaisrrs. Telle était la véhénrenee de ses désirs, qu’elle eut un jour des scrupules à:ce sujet. « Seigneur, s’écriat-elle, est-ce que cette ardeur pour la communion vous offense? » Et elle entendit la voix du céleste Époux lui répondre : < Non; ce sentiment m'est, au contraire, très agréable, et je Bénis ton confesseur de te l'avoir inspiré (3):»
Une autre fois, lorsqu'elle s’approchaït de la