‹ Sainte Marguerite de Cortone. Quatrième éditionChapitre 122 sur 142 · BEVEGNATI, c. XI, p. 20. — Bulle de canonisation · texte numérisé non relu

BEVEGNATI, c. XI, p. 20. — Bulle de canonisation

éminente sainteté (1). Bientôt l'allégresse qui remplissait tous les cœurs fit explosion. Les uns racontaient les miracles opérés en leur faveur ou lesextases dont ils avaient été témoins; les autres, comment la Sainte leur avait dévoilé tous les secrets de leur conscience; d’autres enfin, comment elle les avait édifiés par l’héroïsme de sa pénitence ou par les séraphiques ardeurs de sa charité. Ce fut comme une béatification anticipée, votée par acclamation.

A cette époque, le droit chrétien et les pensées de foi régissaient encore les républiques d'Italie. « La voix du peuple, c'est la voix de Dieu», pensèrent les magistrats de Cortone, réunis pour délibérer sur la question des funérailles de la recluse. Et sans préjuger en rien la question de sainteté, ils décidèrent à l'unanimité qu'en reconnaissance des services rendus à la ville par l'ange de la paix et la mère des orphelins, on lui rendrait les plus grands honneurs : « Son corps serait parfumé d'aromates, revêtu de pourpre et d'étoffes précieuses, transporté à l’église au milieu d’un cortège formé du clergé, tant séculier que régulier, du podestat et des membres du Grand Conseil, et, après un service solennel, déposé dans un sépulcre neuf (2). » Le peuple applaudit à cette ordonnance ; mais il en retarda l’exécution pour un motif de piété : il ne pouvait se séparer d'une dépouille qu’il considérait déjà comme une relique et qui lui ap-

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