‹ Sainte Marguerite de Cortone. Quatrième éditionChapitre 123 sur 142 · SA MORT · texte numérisé non relu

SA MORT

portait quelque chose des parfums du paradis.

Enfin, les obsèques eurent lieu, non avec l’aspect des cérémonies funèbres ordinaires, mais plutôt avec l'éclat d’un triomphe et au milieu d'un concours immense. Après la messe, le précieux dépôt fut solennellement transféré dans cet oratoire de Saint-Basile que la Sainte avait restauré, et fut renfermé dans un cercueil de fer qu’on scella dans la muraille et que protégeait une grille ouvragée. Il était ainsi exposé à la vénération publique, avant que le Siège apostolique se fût prononcé ; mais aucune loi ecclésiastique n'’interdisait alors ces démonstrations de la foi et de la piété populaires.

Les Moscari durent alors se réjouir d’avoir accueilli sous leur toit l’exilée de Laviano, la pécheresse de Montepulciano ; et, s’il faut en croire certaines traditions locales et les données de la peinture (2), Hugues Casali vint avec bonheur prosterner ses cheveux blancs sur la tombe de celle dont il s'était invariablement montré l’'admirateur et le soutien.

1. Une fresque de l’oratoire de Saint-Basile, fresque aujourd’hui détruite, mais dont Vasari fait mention dans la Vie de Buffalmacco de Florence et d'Ambroise Lorenzetti de Sienne, peintres du x1v° siècle, représentait les obsèques de la Sainte: et parmi les principaux personnages se trouvaient Hugues Casali et Guillaume, son fils. Après la mort du vainqueur de Monteaperto, les Cortonais lui élevèrent une statue de marbre, qu'ils placèrent dans le vestibule du susdit oratoire, comme pour affirmer l'intimité de l'affection qui avait uni la pénitente et le soldat. Cette statue fut mise en pièces par la

* populace en 1409, lorsque Cortone chassa de ses murs Louis-Baptiste Casali, l'indigne descendant du héros.

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