BEVEGNATI, Dissert., p. r
Dès lors, l'oratoire de Saint-Basile eut son histoire, qui se confondit pendant un siècle avec celle du culte de sainte Marguerite. Il fut d'abord desservi par des prêtres séculiers, puis en 1385 par les Olivétains, qui se retirèrent volontairement cinq ans après, et enfin par les Franciscains de l'Observance (1). Voici à quelle occasion ces derniers furent appelés à Cortone. En l’année 1392, le Provincial des Observants de la Toscane, Martin de Massa, visitant à pied tous ses couvents dans le dessein d'y affermir l'œuvre de Jean de la Vallée et de Paul de Trinci, s'arrétait à Cortone. Le gouverneur et les magistrats de la ville, heureux de cette visiteinattendue, lui rappelèrent l'attachement de Marguerite à l'Ordre de Saint-François, le veuvage du sanctuaire depuis le départ précipité des Olivétains, et lui offrirent ce poste d’honneur. Martin de Massa accéda volontiers à leur demande. L'acte de cession fut signé le 25 novembre 1392; Boniface IX le confirma le 2 décembre suivant, et les Observants prirent immédiatement possession du couvent (2).
Ainsi se trouvait réalisée la prédiction de
1. L'Observance est la plus considérable des réformes de l'Ordre séraphique. Inaugurée en 1334 par Jean de la Vallée, propagée par Paul de Trinci, elle jeta un vif éclat, avec saint Bernardin de Sienne et saint Jean de Capistran, au milieu de la crise du grand schisme d'Occident. En 1390, elle comptait vingt-trois couvents, situés pour la plupart en Ombrie et en Toscane. Le bienheureux Jean de Stroncone en était le commissaire général. (Voir l’Auréole séraphique, t. I, p. 127.)