‹ Sainte Marguerite de Cortone. Quatrième éditionChapitre 133 sur 142 · CULTE POPULAIRE · texte numérisé non relu

CULTE POPULAIRE

la Sainte, que l'Ordre aurait la garde de sa dépouille mortelle, comme il avait eu la garde de son âme, mais seulement après un assez long espace de temps : Post longum tempus (1).

De leur côté, les Franciscains surent apprécier l'honneur qui leur était fait. On les vit imprimer au pèlerinage un nouvel essor, une physionomie nouvelle, et défendre sans relâche la mémoire de la Bienheureuse contre les assauts de l’hérésie, ses reliques contre les invasions de l'étranger, son culte contre l'outrage, peut-être pire encore, de l'indifférence et de l'oubli.

On peut adresser le même éloge à la vieille cité étrusque, dont l'histoire, à partir du xv*° siècle, se confond de plus en plus avec celle de son sanctuaire. Chacune des modifications apportées à l’un devient pour l’autre un événement qu'elle enregistre avec soin dans ses annales. En 1515, le pape Léon X visite le monument, s'agenouille devant la châsse de la Sainte, perçoit l'odeur céleste qui s'en échappe (2), et attache au sanctuaire de nombreuses indulgences (3). En 1542, à l'entrée des temps modernes, au moment où Luther met le feu aux quatre coins de l'Allemagne, le municipe de Cortone décide que sainte Marguerite sera officiellement rangée parmi les patrons de la ville, que sa fête sera célébrée comme une fête natio-

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