‹ Sainte Marguerite de Cortone. Quatrième éditionChapitre 35 sur 142 · BEVEGNATI, C. I, P · texte numérisé non relu

BEVEGNATI, C. I, P

à cette église Saint-François qui lui était devenue si chère, depuis qu'elle y avait revêtu les glorieuses livrées de la pénitence. Là, se dérobant autant que possible aux regards des mortels pour être toute à Dieu, elle assistait au chant de l'office canonial, puis à la messe conventuelle, et communiait. Là aussi, chaque matin, elle faisait sa méditation dans un livre qu'elle avait appris, à l’école du Séraphin de l'Alverne, à ouvrir, à estimer, à goûter. Ce livre, c'est le Crucifix : « Livre écrit dans toutes les langues de la terre, ou pour mieux dire, dans une seule, mais qui est universellement comprise, la langue du cœur; livre qui est en même temps le poème de l'amour divin et la révélation la plus effrayante de la malice humaine (1). » Ces pages, écrites avec le sang de l’'Homme-Dieu, d’une éloquence à laquelle ne saurait atteindre aucune intelligence créée, Marguerite les parcourait lentement, d'un œil ravi, et elle s’efforçait d'en pénétrer de plus en plus le sens mystérieux.

Le soir, elle revenait à sa lecture favorite, et elle n’en sortait jamais sans se sentir meilleure, plus ferme dans l’accomplissement de ses devoirs, plus attachée à cette sublime folie de la Croix qui a sauvé le monde.

C'est dans cette église qu’elle entendra pour là première fois d’une manière sensible la voix de Celui qu’elle adorait. Nous allons y pénétrer

1, Mgr FREPPEL, Lettre past. sur l'excell. du Chemin de la croix, 1886.

avec elle, en prenant pour guide notre vieux chroniqueur. Mais avant d'en franchir le seuil, délions, comme Moïse, les courroies de nos chaussures, élevons nos esprits, purifions nos cœurs; car le sol que nos pieds fouleront est deux fois saint, et les spectacles que nos yeux contempleront sont dignes de l'admiration des anges. |

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