Ibid., c. 11, pe 8; et C. X, p
Restait la plus subtile des tentations, celle de l'orgueil. L'ange homicide ne pouvait la négliger. « Tu es une sainte, lui suggéra-t-il tout bas. Tout le monde accourt dans ta cellule; tout le monde te vénère. » C'était, comme de coutume, au milieu des ténèbres de la nuit.
L'héroïque pénitente n’hésita pas. Elle monta sur le toit de sa cellule et cria à haute voix: « Habitants de Cortone, levez-vous et armezvous de pierres, pour chasser de l'enceinte de vos murs la pécheresse scandaleuse qui a tant offensé Dieu et les hommes. » Et elle se mit à confesser publiquement les fautes de sa jeunesse qui la couvraient le plus de confusion, à la grande édification des personnes qui l’entend&ient, en même temps qu'à la honte de l'esprit de mensonge, mis en fuite par cet acte d’humilité (1). | | |
Enfin, dans un dernier assaut, le tentateur poussa l'audace jusqu’à lui dire : « Toute ta vie n'estque déception. C’est de moi, et non de Jésus, que te sont venues toutes les suavités intérieures que tu as goûtées jusqu'ici (2). » C'était le trait du Parthe décoché au cœur de Marguerite. Peut-être s’était-elle fait illusion? Peutêtre était-elle la dupe des supercheries diaboliques? Ce doute s’attachait à ses flancs comme un dard empoisonné : elle ne le porta pas longtemps. Selon son habitude, qui devrait servir de règle de conduite aux âmes plongées dans