BEVEGNATI, C: 11, p. 10; etc. K, P
« Sache que plus ton âme s’enivrera des délices du Paradis, plus Satan te poursuivra de sa haine et de ses flèches empoisonnées (1).»
Peut-être quelques lecteurs nous reprocheront-ils d’avoir écrit ce chapitre. « Exhumer ainsi de la poussière des chroniques d'aussi naïves légendes, transporter au soleil du xix° siècle les scènes d’apparitions diaboliques du moyen âge, recueillir des faits étranges qui ne sont, aux yeux des savants de nos jours, que des hallucinations et des rêveries, c'est encourir à plaisir, s'écrieront-ils, les railleries de l'incrédulité et les dédains de la librepensée! »
Nous avions prévu cette objection; elle na pas un instant arrêté notre plume. Le devoir de l'historien n'est-il pas, avant tout, de dire la vérité sans détours, sans réticences ? C'est notre avis et notre règle de conduite, céder, ne füt-ce qu'une seconde, aux préjugés aveugles d'une époque et passer timidement sous silence des faits avérés, c'est là une faiblesse que nous ne commettrons jamais. En présence des manifestations sataniques qui se rencontrent dans la vie de notre Sainte, nous n'avions que deux questions à nous poser : Ces apparitions du démon sont-elles possibles? En ce qui concerne sainte Marguerite, leur réalité est-elle démontrée par des témoignages authentiques et indubitables? Or, sur ces deux questions, pour peu