‹ Sainte Marguerite de Cortone. Quatrième éditionChapitre 64 sur 142 · I. BEVEGNATI, C. V, p · texte numérisé non relu

I. BEVEGNATI, C. V, p

2. Il est hors de doute que cette vision précéda d'un mois environ son changement de cellule (1* mai 1288). Cette conclusion se dégage lumineuse des paroles mêmes de Notre-Seigneur à la Sainte : « Dic confessori tuo ut non impediat quin libere possis ascendere ad cellam arcis. » (BEVEGNATI, C. V, p. 25.)

qu'il était sur le Calvaire. A cette vue, le cœur de Marguerite se fond de douleur et de compassion. « Ah! Seigneur, s’écrie-t-elle, que je sois sacrifiée avec vous! — Oui, répond ledivin Maître, tu seras martyre avec moi. Il faut que ton âme se purifie au creuset des tribulations, comme l'or sous l’action du feu; mais ce n’est pas ta chair, c’est ton cœur qui sera crucifié(1).» Puis lui montrant en esprit, sur le glacis de la citadelle de Cortone, une pauvre et chétive habitation, il lui enjoint d'y vivre en recluse et se retire, après lui avoir transpercé le cœur d’une de ces flèches embrasées qui réjouissent et désolent à la fois l’âme éprise de son amour (2). Blessure dont on ne peut nier l’existence ; car c'est le propre de la puissance divine d'effectuer sur-le-champ ce que signifient les paroles.

Obéis donc à l'esprit qui te pousse, Ô Marguerite, victime volontaire et d’agréable odeur. Obéis aux secrètes harmonies qui t'attirent vers la solitude ; n’écoute pas le cri de la chair ; porte la croix sur tes épaules et gravis les pentes du Calvaire. L'heure de l’immolation mystique a sonné pour toi: tu es la victime de Jésus. Ta tête sera couronnée d'’épines, tes

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