‹ Sainte Marguerite de Cortone. Quatrième éditionChapitre 94 sur 142 · BEVEGNATI, C. VIII, p · texte numérisé non relu

BEVEGNATI, C. VIII, p

a. Ibid., c. vit, p. 23. — C'était la mode, parmi les prédicateurs du temps, de composer des discours prétentieux, dont l'exorde était invariablement un commentaire d’Aristote ou de Platon. Jean de la Rochelle, dans la première moitié du xirI° siècle, leur reprochait publiquement ce défaut : « Magis curant... philosophica quam evangelica. » (Ms., Serm., p. 86.)

pourquoi l’appelez-vous votre jardin de prédilection ? N'y a-t-1l pas, dans votre Eglise, d’autres parterres où se cultive la fleur du divin amour? — Ï] yen a; mais aucun ne lui est comparable. C'est à cet Ordre que je t'ai confiée, et j'y susciterai des directeurs à qui je donnerai l'intelligence de mes desseins sur toi (1). Puis, ajoute-t-il, en lui montrant la Reine des anges et la place suréminente qu'elle tient dans le plan divin : « Voici ta mère, elle t'aime et te protège. » Et Marguerite, succombant sous le poids des consolations, de s’écrier : C’est trop, mon Dieu, c'est trop! Mon cœur est trop étroit pour contenir ces torrents de délices (2). »

La vision avait disparu ; mais ces deux mots, mon jardin de prédilection, résonnaient toujours à ses oreilles. Sans doute l'Ordre des Mineurs, dans l'espace de temps qui va de saint François à saint Bonaventure, lui était déjà apparu dans l'histoire comme le jardin réservé de l’Epoux, comme un parterre émaillé de fleurs où les lis se mélaient aux roses, les vierges aux martyrs. Mais entendre le Verbe incarné proclamer lui-même ces vérités, être assurée qu'elle trouverait toujours dans cet Institut des directeurs qui la mèneraient à Dieu, quels motifs de joie pour elle!

Le 22 décembre 1290, Notre-Seigneur lui renouvelait, en les confirmant, les déclarations précédentes : « Quel que soit le lieu que tu ha-

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